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STRATOVARIUS (fi) - Jens Johansson (Jan-2013)


Depuis 2008, année de la résurrection de STRATOVARIUS, nos finlandais semblent touchés par la grâce et vivre une véritable lune de miel ! Après l’enfer, le paradis. Quand on se souvient de la période Timo Tolki... Le guitariste, par ses frasques, leur a fourni l’antidote de la dépression et ce n’est pas le départ de Jörg Michael ou les problèmes de santé de Timo Kotipelto en 2012 qui allaient stopper la machine infernale. Car depuis l’arrivée de Matias Kupiainen, le guitariste prodige, nos lascars sont frappés d’une énorme boulimie de travail. Le vaisseau STRATOVARIUS est définitivement parti à la reconquête d’un statut qu’il n’aurait jamais dû perdre. Bien décidé à battre le fer tant qu’il est encore chaud, nos finlandais ont sorti en six ans pas moins de trois albums (Polaris, Elysium, Nemesis) si l’on compte le petit dernier et un dvd live paru fin 2012 célébrant les adieux de Jörg Mickael au combo enregistré lors du Mickael Farewell Tour. Un vrai travail digne des travaux d’Hercule si on y ajoute les centaines de concerts donnés par nos aficionados aux quatre coins de la planète. A peine Under Flaming Winter Skies avait t’il été digéré que Nemesis déboulait dans les bacs six mois après. Un véritable record de rapidité, de vrais Lucky Luke du Metal. Un quatorzième méfait qui confirme que les STRATOVARIUS sont dans une forme olympique et qu’il va falloir compter sur eux dans les années à venir ! Car Nemesis est une nouvelle perle à inscrire à leur palmarès, encore plus inspiré puissant et novateur qu’Elysium ! Une vraie réussite qui ne manquera pas de combler tous leurs fans! Inutile de vous dire que lorsque MI a appris que les deux vétérans Jens Johansson et Timo Kotipelto étaient venus défendre leur nouveau bébé à Paris, votre serviteur s’est précipité pour passer sur le grill ces rescapés de l’ère Timo Tolki qui affichent déjà 26 ans de bons et loyaux services au compteur! C’est notre ami Jens Johansson frigorifié (Un comble pour un suédois) par la puissante climatisation du Hard Rock café qui se dévoue pour nous délivrer tous les secrets de la genèse de Nemesis ! Rencontre avec un personnage atypique, délirant et jovial qui est toujours prêt à amuser la galerie ! Magnéto Jens !

Line-up
: Timo Kotipelto (chant), Matias Kupiainen (Guitare), Lauri Porra (Basse), Jens Johansson (Claviers), Gregory Rolf Pilve (Batterie)

Discographie : Fright Night (1989), Twilight Time (1993), Dreamscape (1995), The Fourth Dimension (1995), Episode (1996), Visions (1997), Destiny (1998), Infinite (2000), Intermission (2001), Elements pt. I (2003), Elements pt. II (2003), Stratovarius (2005), Black Diamond: The Anthology (2006), Polaris (2009), Elysium (2011), Under Flaming Winter Skies (Live in Tempere) (DVD - 2012), Nemesis (2013), Eternal (2015)

M-I Interviews du groupe : Jens Johansson et Timo Kotipelto (Juin-2005), Matias Kuplainen et Lauri Porra (Juin-2009), Jens Johansson (Juil-2012), Jens Johansson (Jan-2013), Timo Kotipelto et Jens Johansson (Juil-2015)

Retranscription / Traduction : Vanessa Laulit



Metal-Impact. Comment s’est passée l’intégration de Rolf Pilve, votre nouveau batteur au sein de STRATOVARIUS ?
Jens Johansson. Ca s’est vraiment très bien passé ! Je pense qu’on a vraiment fait attention concernant le choix de notre nouveau batteur. Enfin, c’est ce que je crois. Je parle pour moi et pas pour le reste du groupe, ce n’est que mon opinion. Je voulais quelqu’un qui fasse partie à part entière du groupe et qui ait le même statut que n’importe quel autre membre de la formation. Bien sur, nous recherchions quelqu’un de sensible et qui partage notre sens de la musique. Nous avons vraiment pris une décision qui soit parfaite pour tout le monde et de ce fait l’enregistrement a été très facile avec Rolf, il y avait une forme d’osmose. C’est un bosseur, il est très talentueux et c’est aussi un type très sérieux malgré son jeune age. Il est très professionnel, calme et facile à vivre. Il ne fait pas partie de ces musiciens qui ne pensent qu’à faire la fête nuit et jours. C’est un peu ce qui nous préoccupait vu qu’il n’a que 26 ans. Il est capable de jouer tout ce que nous voulons et c’est très important. Avec Matias, ils ont travaillé ensemble sur certains arrangements et cela a parfaitement fonctionné, ils sont de la même génération ce qui facilite leur connivence. Nous avons vraiment pris notre temps et je pense que le rendu est bien ! La façon dont on y est arrivé a été plutôt simple quand on y pense ! Si je fais une comparaison avec Jörg Michael, sans mesurer leur façon de jouer, ça a été plus simple de travailler avec lui qu’avec Jörg Michael qui vit en Allemagne. Quand nous enregistrions avec Jörg Michael, il y avait ce délai imposé du à son éloignement géographique. Ca prenait un, deux ou cinq jours pour enregistrer la batterie et ensuite il rentrait chez lui. A partir de là nous ne pouvions plus rien retoucher. L’avantage c’est que Rolf vit à Helsinki, la ville où nous enregistrons ce qui fait que nous pouvions bosser sur les parties de batterie puis enchainer sur autre chose pendant quelques heures et ensuite retravailler avec Rolf Pilve pour les arrangements. C’était beaucoup plus relax puisqu’il habite dans la même ville que nous. C’était vraiment intéressant car si nous avions envie de travailler sur un autre morceau un jour nous pouvions, il était disponible en permanence ce qui n’était pas le cas de Jörg Michael. Il fallait tout enregistrer dans un timing précis et déterminé bien à l’avance.

MI. Est-ce que l’effet que vous recherchiez était de mettre son jeu de batterie en avant ?
Jens. Non, avec STRATOVARIUS nous avons toujours eu beaucoup de batterie donc je pense qu’on a juste voulu rester dans le même état d’esprit qu’avant en ce qui concerne toutes les parties de drums, garder la même politique musicale a été très important pour nous.

MI. Est-ce qu’il a apporté quelque chose à votre musique ?
Jens. Hé bien, il peut jouer n’importe quoi ! Mais je pense qu’il est assez intelligent pour ne pas jouer de tout, tout le temps et en faire trop ! Je suis persuadé qu’il se retient de jouer, il évite de jouer plusieurs notes en même temps, même si il a des capacités techniques extraordinaires. Il y a des personnes qui ont beaucoup de maîtrise et qui ne peuvent pas retenir leurs mains et en rajoutent en permanence mais lui n’est pas comme ça. Il est très délicat. Il ne fait pas dans le démonstratif pour épater la galerie !

MI. Tu veux dire qu’il fait attention de ne pas trop en faire ?
Jens. Oui, c’est exactement ça !

MI. Je trouve qu’il y a aussi beaucoup de clavier sur Nemesis ?
Jens. Bah, pas tant que ça je trouve ! Je pense qu’il y a un bon équilibre entre toutes les parties musicales et que tous ces instruments servent à la musique ! S’il y avait vraiment trop de technicité, il n’y aurait pas de vraie mélodie et à l’oreille le rendu ne serait pas aussi bien pour STRATOVARIUS et pour les fans ou les personnes qui nous écoutent en général.

MI. Tu veux dire que l’idée derrière ce nouvel album est d’être mélodique ?
Jens. Je pense que n’importe quelle personne qui fait de la musique cherche à créer une vraie mélodie. Je crois que c’est un critère que l’on recherche en priorité, que ce soit pour STRATOVARIUS ou une autre formation. Je pense que c’est l’idée de base que nous partageons depuis une vingtaine d’années même avant que je ne les rejoigne, cette vision existait.

MI. Sur certains morceaux il y a des duels de guitares/claviers, cela m’a immédiatement fais penser à DEEP PURPLE ! Que représente ce groupe pour toi ?
Jens. Je les ai découverts lorsque j’étais enfant et ils sont la raison qui m’a poussé à faire de la musique.

MI. As-tu écris des chansons pour Nemesis ? Si oui, combien ?
Jens. Je crois que j’en ai écrit trois il me semble. Il y en a une qu’on a prise pour en faire une chanson bonus sur la version japonaise, donc celle-ci n’est disponible qu’au Japon.

MI. Il y a donc trois titres signés par toi comme pour le précédent album ?
Jens. Je crois mais il y en a un morceau qu’on n’a jamais terminé ! Et puis l’enregistrement pour le précédent album a été plus chaotique que pour celui-ci !

MI. Pour le précédent album, il y a eu beaucoup de pression notamment à cause de la tournée HELLOWEEN. As-tu été plus détendu pour composer ?
Jens. Oui, effectivement c’était de la mauvaise pression, un problème de planning qui nous a beaucoup stressés ! Nous nous sommes tous faits des cheveux blancs à écrire les titres pour Elysium mais nous l’avons réalisé quand même et je pense qu’il est très bon ! Cette fois-ci je pense qu’on a juste planifié les choses d’une meilleure façon et nous avons passé plus de temps à travailler les chansons cette fois ci !

MI. Vous aviez écrit 18 ou 19 chansons pour Elysium, est-ce que vous avez utilisé les morceaux que vous n’avez pas pu finaliser à temps pour Nemesis ?
Jens. Je pense que Matias en a utilisé des parties. Nous avions enregistré tellement de titres à cette époque que nous n’avons jamais pu terminer. Du coup, il était logique que nous les retravaillions, du moins ceux qui étaient bons. J’ai soumis aux autres tellement de morceaux que personne n’a approuvé… c’est très difficile d’avoir l’accord de tous. Du coup ils ne sont pas retrouvés sur l’album .Il faut dire qu’on en en avait trop. Mais la prochaine fois on fera un peu plus attention, on veut éviter de gâcher de bonnes chansons ! C’est très intéressant comme façon de travailler parce qu’à ce stade du travail tu n’as pas vraiment besoin de convaincre qui que ce soit que les chansons sont bonnes ou pas, c’est toi qui décide si elles doivent apparaître ou pas sur l’album. Mais nous avons une règle d’or, peu importe qui écrit la chanson il doit venir la présenter aux autres et voir si ça nous plait ou pas ! Nous fonctionnons d’une manière très démocratique, nous votons et chacun a les mêmes droits que les autres.

MI. Pour Elysium, vous avez reçu vraiment beaucoup de bonnes critiques, on a même dit que c’était l’un de vos meilleurs albums ! Dans quel état d’esprit avez-vous travaillé cette fois ci, en essayant de faire encore mieux ?
Jens. Tu ne peux pas penser à ça ! Une nouvelle fois, ce qui est intéressant avec notre façon de travailler, c’est que tout le monde écrit ! Je pense que si quelqu’un écrivait quelque chose qui soit trop réfléchi ou calculé ou bien encore trop bizarre les quatre autres membres le verraient et au final ces titres n’apparaitraient pas sur le disque. Pour cette galette, il me semble qu’on avait plus de 2 heures trente de musique. Nous avons dû faire une sélection et on a réduit le temps d’écoute à 65 minutes avec des chansons bonus pour le Japon. Sinon on se serait retrouvés avec un double cd ! Nous avons préféré peaufiner et faire que les morceaux proposés soient les meilleurs possibles !

MI. Pour cet album, il y a une version en édition limitée et j’ai entendu dire qu’il y avait plusieurs pochettes différentes. De quoi s’agit-il exactement ?
Jens. Je pense que c’est à peu prêt la même chose mais qu’il doit y avoir des différences dans les livrets au niveau de la présentation. Je ne pense pas qu’il les ait déjà imprimés mais j’ai vu passer des versions en PDF et elles sont très bien. Je pense que c’est des versions plus ou moins travaillées au niveau des livrets photos qui seront fournis. Il y a deux chansons de plus et un packaging plus travaillé sur la version collector qui devrait sortir en Europe.

MI. Vous avez enregistré dans le même studio cette fois-ci et Matias a tout produit ?
Jens. Oui, cette fois ci nous avons travaillé avec Mathias pour l’enregistrement des instruments et le mixage final, il est parfait pour ce genre de travail et a son propre studio ce qui facilite les choses. Pour le précédent nous avons eu besoin d’avoir un second mec qui s’était occupé du mixage, ceci afin de soulager. Nous avons recruté Mika Jussila qui a déjà bossé sur pas mal de morceaux avec nous et qui s’est occupé aussi du mastering. Du coup ils bossaient en parallèle, l’un bossait certaines chansons et l’autre travaillait sur d’autres pistes ! Ca nous a permis d’aller beaucoup plus vite. Sinon on n’aurait jamais eu assez de temps pour tout finaliser, si nous avions choisi une façon différente de travailler. Mais Mathias a tout supervisé cette fois-ci encore, il a notamment travaillé énormément sur le son des guitares, elles sont plus sombres et lourdes que sur Elysium ou même Polaris. Il a essayé beaucoup de choses avant d’arriver à un résultat optimal. Je pense qu’il est vraiment presqu’obsédé par tout ce qui se rapporte aux parties de guitares mais ça valait le coup quand tu écoutes le résultat final. Il a voulu changer d’atmosphère pour Nemesis en introduisant un son plus Heavy.

MI. Sur cet album Nemesis, la pochette est vraiment très différente des précédentes !
Jens. C’est moi qui m’occupe des pochettes au sein de STRATOVARIUS, mais c’est le même artiste hongrois qui a fait les dessins de Elysium et Polaris, il s’appelle Gyula Havancsak. Il est très doué, il maîtrise toute la technologie de pointe informatique, il travaille dans les jeux vidéo et nous a proposé plusieurs images en relation avec le titre et nous avons opté pour cette femme avec des ailes.

MI. La pochette du single avec cet ange a-t-elle un sens particulier ?
Jens. A vrai dire c’est un effet miroir entre les deux images. La fille est la même sur les deux visuels. L’album s’appelant Nemesis, j’ai tenté de faire un choix avec les autres qui soit intéressant et qui sorte un peu de l’ordinaire et qui illustre le coté sombre de Nemesis, nous voulions une ambiance inquiétante et très sinistre. Comme toujours tu peux interpréter cette pochette de différentes manières. Quand tu vois cette ville en feu totalement détruite survolée par cet ange de la vengeance d’une beauté exceptionnelle, tu peux te dire que c’est la folie des hommes qui a conduit à ce cataclysme et que cette femme est impuissante devant ce désastre. Tu peux aussi penser que c’est elle la destructrice de la cité et qu’elle contemple son œuvre dévastatrice. Chacun peut se faire sa propre opinion.

MI. Est-ce que Nemesis signifie quelque chose en particulier ?
Jens. Non en fait c’est un mot court qui génère une émotion quand on le dit, c’était l’idée de base de travail que nous avions en tête. C’est très difficile de trouver un nom pour un album de toute façon, d’autant plus quand tu as autant d’années de carrière que nous. Ce nom te renvoie un sentiment froid, sombre et inquiétant. Je pense que c’est important qu’il y ait une identification entre la musique et la pochette car parfois le livret peut être neutre et dans ce cas tu peux te dire que la musique l’est aussi. Alors quand quelqu’un achète ce CD et voit le titre Nemesis et le visuel de la pochette avec ce dessin effrayant avec cette ville en feu et cet ange vengeur, il comprend ce qu’il peut y avoir musicalement derrière. Je ne pense pas que l’on ait fait un album à thème mais avec ce nom le ton est donné dès le départ. Si nous l’avions nommé autrement, la personne en achetant Nemesis n’aurait pas eu le même sentiment en l’écoutant. L’illustration peut te mettre dans un certain état d’esprit qui prédétermine ta manière d’écouter les chansons. Nous avons fait plusieurs morceaux puis ensuite nous avons décidé d’appeler cette collection de titres Nemesis. Après nous avons continué à écrire et peut-être que nous avons été influencés par ce titre nous aussi ce qui a eu pour conséquences de créer un climat un peu plus sombre sur certaines de nos compositions !

MI. Vous avez travaillé dans l’intention de développer un coté plus sombre que sur les précédents albums ?
Jens. Peut-être un peu oui ! Je pense que c’est surtout à cause du titre de l’opus que nous avons choisi et qu’il n’y a pas vraiment d’autres raisons. Ca n’a rien à voir avec la musique, je pense qu’on a toujours eu des titres plus tristes et sombres que d’autres formations. Ca a toujours été comme ça avec nous, on installe une émotion différente à chaque nouvelle création. Mais nous avions écrit toutes les musiques avant d’avoir trouvé le titre de l’album et les paroles ont été faites un peu après alors on essaie juste d’assembler le tout au final et c’est assez sympa de travailler de cette manière. Six mois après le disque sort et tout à l’air bien fluide, en cohésion avec le reste mais en fait on a vraiment beaucoup bossé pour avoir ce rendu et c’est assez marrant de voir que malgré les doutes que nous avions tout a bien fonctionné ! C’est l’essentiel.

MI. Vous pensez être invincibles après toutes les épreuves que vous avez traversées ?
Jens. C’est comme ça que certaines personnes peuvent percevoir la chose ! Mais je pense que Matias a écrit ce morceau dans le but de décrire cette impression que tu as quand tu pars, ce moment particulier où tu te sens invincible, incassable… . C’est un sentiment que tout le monde peut ressentir à un moment ou un autres, se sentir invincible pour quelques minutes, cette force qui fait que même si tu voyais la fin du monde arriver dans les 10 minutes, tu serais serein et détendu comme si rien ne pouvait t’atteindre. Je ne sais pas vraiment l’expliquer mais c’est à peu près ce qu’il m’a répondu quand on en a parlé. Il faudrait lui poser la question directement.

MI. Vous avez eu une période difficile il y a plusieurs années, ça vous a pris beaucoup de temps pour revenir, est-ce que toutes ces difficultés t’ont donné une force supplémentaire, un vrai bénéfice au final ?
Jens. C’est vrai que je suis passé par un stade de dépression. J’ai choisi de revenir et de lutter mais à un moment donné je ne me suis dit que je ne reviendrais pas au sein de STRATOVARIUS et que l’aventure s’arrêtait là. Ensuite nous avons trouvé Matias et tout a été beaucoup mieux au niveau de la planification et de l’organisation interne et bien sur au fil du temps on se connait tous mieux au sein du groupe et c’est plus facile d’écrire pour les uns ou les autres. Nous savons aujourd’hui ce qui fonctionne et ce qui ne marche pas au niveau de la musique, des voix, des arrangements. Je pense que les choses les plus importantes surtout pour Matias et Lauri Porra c’est d’écrire les chansons puis de rencontrer les fans et de voir ce qu’ils en pensent et avoir leurs réactions quand on joue live. Lauri Porra, en arrivant dans le groupe, n’a rien écrit les trois premières années puis il s’y est mis après avoir vu la réaction des gens. Il s’est senti en confiance. Cela fait partie d’un certain processus. C’est la même chose pour Matias qui a du faire deux cents concerts avec nous depuis 2008. Petit à petit tu apprends à mieux connaitre les fans et le reste des membres du groupe. Pour lui ce n’était pas évident car il remplaçait Timo Tolki, le fondateur de STRATOVARIUS, il avait une énorme pression. Au final, il a appris à réaliser les albums de manière intelligente et avec un meilleur timing, et nous a énormément apporté.

MI. Nemesis va sortir en février, est-ce que tu appréhendes la réaction du public ? C’est important pour toi de savoir ce qu’ils pensent des chansons ?
Jens. Oui ! Bien évidemment ! C’est impossible d’ignorer ce que les personnes peuvent penser. J’adore entendre le public dire que c’est un très bon disque. Je pense que ça affecte aussi notre façon de travailler pour les prochains albums. Quand nous écrivons des chansons on demande souvent à nos potes de nous dire ce qu’ils en pensent mais pour l’enregistrement c’est différent bien évidemment. Il ne reste que le groupe. On essaye d’avoir des avis extérieurs mais on ne peut pas se fier à ce qui se dit sur Internet car les avis sont tellement différents d’une personne à une autre, on trouve de tout et n’importe quoi. C’est surtout plus important pour nous de voir la réaction des fans en concerts, là tu sais tout de suite si les morceaux plaisent ou pas à ton public. Si on les voit commencer à vomir, alors là on peut sûrement se dire qu’effectivement cette chanson n’est pas terrible ! [Rires] … Si ça se passe vraiment bien en live, on peut distinguer le retour positif de la foule. Et ça tu ne peux pas vraiment le capter sur Internet, c’est la relation directe avec ceux qui nous apprécient qui prime, là tu as la vérité en face de toi ! On pourra se dire qu’on n’utilisera plus ces accords ou cette façon de faire parce qu’on se rappellera que pour ces morceaux on en a pris en pleine tête ! On peut très facilement lire sur le visage d’une personne si elle aime la musique ou non !

MI. Quels sont les morceaux que vous allez jouer sur scène ?
Jens. Je n’en ai aucune idée ! Dans le groupe on essaie de choisir ensemble les titres que nous allons interpréter en studio, c’est une décision collégiale ! Mais au final, quand à décider quels titres jouer en concerts on délègue souvent à Timo parce qu’il est plus calé dans le choix des morceaux et qu’il connaît bien le public et sa réaction. Il sait dans quel ordre il faut interpréter les titres pour que la réaction des fans soit la meilleure possible. Il nous dit « vous devriez jouer celle-ci ou celle là » ou encore « ne pas faire ce titre », il est celui qui connaît le mieux les fans, il sait faire en sorte que tout s’enchaîne d’une manière optimale.

MI. Vous avez réalisé un clip vidéo pour votre single Unbreakable ?
Jens. Non, pas encore. En réalité on ne sait pas encore quel titre nous allons choisir pour faire le clip. Ce sera peut-être celui-ci mais rien n’est sûr.

MI. Vos fans devraient y participer je crois ?
Jens. Oui apparemment, il y a eu une sorte de concours organisé pour nos fans qui doivent faire des propositions d’idées. Donc dans notre nouveau clip il y aura des plans où l’on pourra voir différents éléments appartenant à ceux qui nous suivent depuis toujours.

MI. Matias et Timo Tolki partagent certaines idées, quelles sont les différences fondamentales entre les deux ?
Jens. Je pense qu’ils ont tout de même beaucoup de différences, je dirais même qu’ils n’ont pas tant de points en commun que ça. Nous avons délégué beaucoup trop de choses à Timo Tolki à une certaine époque. Il avait autorité quant au choix du matériel, c’est lui qui composait l’essentiel de la musique, d’ailleurs il a écrit des titres de très bonne qualité. STRATOVARIUS était sa création, c’était lui le patron. Mais le problème c’était que tout reposait sur ses épaules et que nous étions entièrement dépendants de son bon vouloir et de son état d’esprit. S’il ne se sentait pas en forme pour écrire ou s’il avait un passage à vide ou même qu’il n’avait pas le courage nécessaire pour se mettre au travail, nous l’attendions ! Il régnait en maître et agissait selon ses humeurs. On ne pouvait pas faire autrement que de patienter et c’était tout l’absurde de la situation. Car dans le cas de figure où il nous disait qu’il n’avait rien écrit, pas un mot ou une note pour le prochain album, et bien même si tout le monde pensait que nous pouvions tenter quelque chose de nouveau en composant nous même personne ne le faisait car c’était lui qui décidait de pratiquement tout. Nous savions que nous pouvions essayer quelque chose de différent puisque nous avions déjà du matériel que chacun avait écrit de son coté et il nous suffisait de travailler dessus pour avoir un résultat. Mais on ne faisait rien et on attendait qu’il décide de se remettre au travail. Heureusement nous n’avons plus à vivre ces moments difficiles, ces défaillances qui caractérisaient Timo Tolki et qui nous ont causé tant de soucis. Matias n’est pas du tout comme lui, bien au contraire ! Bien sur que ce serait difficile s’il n’écrivait plus, ce serait une réelle perte pour STRATOVARIUS mais ce ne serait pas si catastrophique car maintenant nous composons tous et savons comment réagir face à de telles situations. En 2001, nous étions en très mauvaise posture car Timo Tolki était capable de ne pas écrire pendant une année entière et nous l’attendions car tout reposait sur lui et son bon vouloir. Aujourd’hui, dans une pareille situation, je pense qu’on serait tout de même en mesure d’enregistrer un album !

MI. Je suppose que par rapport à tout cela tu étais très anxieux et inquiet ?
Jens. Il y a eu tellement de choses étranges tout au long de ces années passées avec Timo Tolki ! Nous essayons de ne pas nous intéresser aux points négatifs ! Ce n’était pas si terrible que ça en fin de compte ! A l’époque et comme aujourd’hui, il n’y a pas de rancœurs ou de mauvais sentiments envers lui. Quand nous avions réalisé tout ce travail dans les années 90, 2000 jusqu’en 2003 d’ailleurs, il y avait un très bon esprit d’équipe. Tout le monde était sur la même longueur d’onde. Nous n’avions aucun problème avec notre manière de travailler et la manière dont on résolvait nos problèmes. Maintenant la différence c’est que nous n’avons pas les mêmes atouts pour résoudre nos problèmes ni la même manière de travailler pour les enregistrements ! C’est une façon différente de faire les choses. Si on a du talent c’est vrai que c’est mieux de l’utiliser ! J’ai le sentiment qu’aujourd’hui on utilise mieux nos ressources présentes au sein du groupe qu’avant ! Parce que je me souviens qu’à l’époque Timo Kotipelto voulait écrire mais Timo Tolki pensait qu’il n’y arriverait pas, du coup il n’a jamais vraiment eu l’occasion de se développer dans ce domaine. Il a écrit deux chansons sur cet album que je trouve vraiment géniales alors je pense que c’est une question de confiance en soi. Il faut puiser à l’intérieur de soi et se servir de son talent et ce n’est pas facile si on te dit que ce que tu ne pourras jamais écrire de bons morceaux ! Quand tu te sens libre, tu peux vraiment t’exprimer et le mettre à profit pour développer la formation dans laquelle tu joues. On ne dépend pas les uns des autres pour arriver à faire le maximum, chacun peut créer et composer des chansons. L’un de nous peut parfois n’être qu’à 30 ou 15% de ses capacités et c’est là qu’entrent en scène les autres musiciens. Ils vont prendre le relais et ainsi tout s’équilibre, c’est l’esprit d’équipe qui nous anime avant tout. On est vraiment polyvalents et efficaces ! Ca ne se fait pas facilement attention ! C’est beaucoup de travail et de dialogue. Il faut être assez strict car dans certaines discussions c’est celui qui crie le plus fort qui arrive à gagner et que l’on écoute ! Dans ces cas là, il faut couper court et expliquer qu’on ne marque pas de point par rapport aux autres parce qu’on est le seul à se faire entendre et à crier en essayant de s’imposer. Cela prend beaucoup de temps parce qu’il y a tellement de personnes impliquées. Alors il faut faire évoluer les structures pour en parler… L’autre vérité c’est qu’on n’a jamais réellement réalisé d’album à thème, de développer un vrai concept comme nous l’avons fait auparavant. C’est très difficile de se coordonner quand on est un groupe de cinq personnes qui prennent les décisions en votant à l’unanimité, de créer une ambiance, une émotion générale, les paroles, la musique doivent faire un tout. Il est évident que réaliser ce type de disque est davantage compliqué pour un groupe démocratique même si Matias a travaillé plus de chansons sur cet album que sur le précédent. Bien sur tu peux proposer de réaliser des morceaux de dix minutes, c’est possible mais de l’accorder aux envies des cinq autres personnes ça devient très compliqué ! Quand on a finalisé notre disque, il y avait une chanson pour laquelle on se disait qu’elle devrait y figurer au coté des autres titres et au final ce n’est pas le cas, justement car il faut l’accord de tous. Mais après, on se dit que ce n’est pas plus mal comme ça !

MI. Merci pour cet entretien.
Jens. Merci à toi et à bientôt.


Ajouté :  Dimanche 07 Juillet 2013
Intervieweur :  The Veteran Outlaw
Lien en relation:  Stratovarius Website
Hits: 10272
  
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