TEXAS IN JULY (usa) - One Reality (2011)
Label : Nuclear Blast Records
Sortie du Scud : 26 avril 2011
Pays : Etats-Unis
Genre : Metalcore
Type : Album
Playtime : 11 Titres - 33 Mins
Ils ont beau s’appeler TEXAS IN JULY, ces garçons sont aussi texans que vous et moi. Franchement mis à part un bon barbecue et une ratonnade musclée sur une boîte de fajitas Old El Paso qui traine dans la brousse aride, rien de bien intéressant ne semble se dérouler dans cet Etat dont tout le monde se fout. Alors pourquoi diable TEXAS IN JULY ? Oh et puis on s’en branle non ? Tout ce barouf pour dire qu’ils viennent de Pennsylvanie ? Oui, je crois que définitivement, personne n’en a rien à carrer. Néanmoins, il y a bien une réalité qui nous rassemble aujourd’hui. Son nom, One Reality. Deuxième album pour ces zouzous qui ont dégainé leurs plus belles coupes pour surfer, cheveux au vent, sur la vague désormais incontournable du Metalcore. Vous allez rire mais c’est plutôt bien foutu et ça tranche assez sèchement d’avec I Am, un premier opus transparent et insipide paru il y a maintenant deux ans.
Bon, je ne vais pas vous faire un dessin mais ce groupe nage comme un poisson dans l’eau au sein de la scène Metalcore moderne. Ces petits gars sentent encore le lait tiède issu des tétons les plus bienveillants. AS I LAY DYING, AUGUST BURNS RED, UNDEROATH, autant de groupes susceptibles de leur avoir donné la tétée. Aucun doute non plus sur le fait que TEXAS IN JULY débarque d’Amérique. La production aux petits oignons de Chris « Zeuss » Harris n’est pas innocente, surtout pour un mec ayant collaboré avec le gratin du Hardcore / Metalcore américain à savoir THE ACACIA STRAIN, EMMURE, HATEBREED et j’en passe. Le son de guitare est typiquement celui qu’on retrouve dans 90% des productions du type ; des notes rondouillettes qui construisent des riffs crabbys qu’ATTACK ATTACK jalouseraient et une guitare lead qui vous versera probablement l’une ou l’autre larme à la sortie d’un passage mélodico-atmosphérique (« One Reality »). TEXAS IN JULY met l’accent sur les émotions, les coupures empruntes de nostalgie, de passion perdue. C’est assez entraînant dans l’ensemble, assez bien construit et acheminé. Un parfait clone de WE CAME AS ROMANS première mouture aurait pu voir le jour si le groupe avait fait le choix d’inclure un chant clair. Ils ont renoncé, ce qui a mon sens est une bonne chose puisque Alex Good est un bon vocaliste qui se démerde bien tout seul et qui n’a besoin de personne pour imposer ses aboiements de pitbull enroué. Renoncé aussi aux nappes de claviers, qu’ils soient Acid Trance, Electro, Dubsteb ou Tecktonik Killer. C’est marrant parce qu’en considérant ces deux faits, on réalise que TEXAS IN JULY a tout du groupe branché par excellence, sans les accessoires et les paillettes. L’intensité se trouve dans des compositions toujours très dansantes, décomplexées mais jamais putassières. C’est un Metalcore très juste qui ne s’embarrasse pas des artifices du genre. Un Metalcore dont on avait pratiquement oublié l’existence. Les ricains prouvent qu’on peut chatouiller les sentiments sans nappes frénétiques de synthés mais avec un riffing juste et des solis appliqués. En ça, One Reality est un excellent disque. Néanmoins, il ne saura se différencier clairement aux oreilles des plus néophytes de la majorité des groupes précités qui continueront à n’entendre que les guitares cousues de simili-breakdowns permanents. Aussi, les pistes sont toutes très courtes, osant à peine dépasser les trois minutes réglementaires, un peu comme s’ils avaient peur d’en faire trop. Ce Metalcore est cousu de fil blanc, certes, mais solidement cousu.
Pour tout vous dire, cet album est assez décontenançant car il se défend clairement et en toute simplicité dans un magma graveleux de formations toutes plus ambitieuses les unes que les autres. Le scenario de ce disque était téléphoné d’avance mais bizarrement, sans fourberie aucune, TEXAS IN JULY livre une œuvre classique mais bien ficelée qui se démarque peut-être par un trop plein de naïveté mêlé à une grande intelligence technique. Ainsi je laisse le mot de la fin à Woody Allen : « l’avantage d’être intelligent, c’est qu’on peut toujours faire l’imbécile alors que l’inverse est totalement impossible ».
Ajouté : Jeudi 02 Février 2012 Chroniqueur : Stef. Score : Lien en relation: Texas In July Website Hits: 9032
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