WHITESNAKE (uk) - Live At Donington 1990 (2011)
Label : Frontiers Records
Sortie du Scud : 3 Juin 2011
Pays : Angleterre
Genre : Hard Rock
Type : Live
Playtime : 17 Titres - 107 Mins
On peut décomposer les fans de WHITESNAKE en plusieurs « clans ». Les fans de la première heure, qui ont commencé à avoir de sales doutes à partir de Slide It In, ceux qui ont suivi le groupe à partir de Whitesnake, Et ceux qui n’ont jamais laissé tomber Coverdale, quelque soit son style ou son époque.
Ce Live At Donington, 1990, ne s’adresse bien évidemment pas aux premiers. Parangon de la période dite « Heavy Metal » du SNAKE, ce concert en headlining du festival de Donington 1990 est par contre culte chez tous les aficionados du line-up le plus meurtrier du combo, avec Rudy Sarzo, Adrian Vandenberg, Tommy Aldridge, et bien sur, l’incomparable Steve Vaï…
Dire que ce concert était attendu depuis longtemps en CD/DVD est un euphémisme. Et même si à l’époque, nombre de critiques présents au festival s’accordaient à dire qu’AEROSMITH aurait bien plus mérité la tête d’affiche, il convient d’apprécier ce live pour ce qu’il est, l’apogée commerciale et populaire d’un groupe protéiforme, qui jusqu’au bout n’aura été que l’union d’un chanteur fantastique avec des musiciens hors pair, de passage plus ou moins long.
Apogée aussi d’une tournée complètement folle, le Liquor & Poker World Tour, aux chiffres d’affluence hallucinants et emblématique d’une fin des 80’s placée sous le signe de la démesure, ces quasi deux heures nous replacent directement dans le contexte, et pour peu qu’on ferme les yeux (ou que l’on ne se soit offert que ce double CD, en faisant l’impasse – mais est ce possible – sur le DVD…), on se croirait au premier rang, à deux doigts d’effleurer le pied de micro du maître.
Un son bien évidemment énorme, et certainement meilleur que celui auquel le public a eu droit ce jour là, un groupe plus qu’affûté, le tout au service d’un répertoire assez uniformisé, et faisant la part belle aux deux derniers efforts, l’acclamé et multi platiné Whitesnake, et le plus décrié mais presque aussi vendeur Slip Of The Tongue.
En gros, l’adaptation de Coverdale aux exigences du marché ricain, maître à ce moment là du destin d’un groupe de Hard-Rock aux ambitions planétaires. Inutile ici de lui reprocher ce choix ou bien de l’approuver, car là n’est pas le propos. Il faut seulement juger ce double album pour ses qualités intrinsèques, le contexte n’étant juste après tout qu’une affaire de goût.
Mais occulter la présence de Vaï serait par contre une erreur. Car la vedette sur ce live est autant lui, que le groupe en tant qu’entité. Présenté sur scène et à longueur d’interview par son employeur comme étant « Sa ténébreuse majesté », Vaï tire plus de bénéfice de cette tournée que le groupe qui l’a engagé. Et ça n’est pas pour rien que l’on retrouve ici les deux titres de Passion & Warfare qu’il avait interprétés à l’époque, ce qui m’a toujours beaucoup embarrassé… Alors gageons que Vaï lui-même insista pour se faire un peu de promo, car le contraire serait plus que vexant pour ses comparses… Toujours est il que ces deux morceaux, aussi beaux soient ils n’ont pas du tout leur place sur ce CD, et Coverdale, avec le temps aurait très bien pu les oublier, à moins qu’une obligation contractuelle…
Le second faux pas de cet album, est le long, très long solo de Tommy Aldridge, absolument insipide, et à peine digne d’un batteur de Thrash désirant épater la galerie avec quelques descentes de toms supersoniques. En plein milieu de « Cryin’ In The Rain » (version 1987 bien sur…), il vient tout gâcher, et je suis sur que la machine aurait pu être relancée plus judicieusement…Surtout que Tommy est loin d’être un manchot et qu’il aurait pu nous offrir beaucoup plus raffiné…
Voilà pour les griefs majeurs. Au niveau du reste, ma préférence ira – et ce malgré les deux interventions pré citées – au second CD, qui, à partir du magique « Is This Love », devient tout simplement orgasmique. « Bad Boys » fait se dresser l’échine avec sa batterie turbo compresseur, « Ain’t No Love In The Heart Of The City », même si elle n’a pas la saveur de l’interprétation figurant sur le sublime Live...In The Shadow Of The Blues n’en reste pas moins irrésistible (en dépit d’un solo quand même un peu trop Heavy Métal…), quant à « Still Of The Night », quelle plus parfaite conclusion…
En écoutant ce live, on se demande ce qui serait advenu si Coverdale avait su mixer ses diverses influences. S’il avait su diluer son Blues dans le Heavy…Mais peut on en vouloir à un créateur d’essayer, de tenter ??? Et je suis sur que les âmes chagrines qui ont incendié le SNAKE à l’époque pour s’être soit disant « vendu » aux charts US étaient les mêmes qui dénigraient AC/DC à la même époque pour leur propension à jouer toujours la même musique.
De toutes façons, nul n’est universel comme dirait Wayne, même pas Led Zeppelin…Alors à quoi bon…
Que cela ne vous empêche pas de jeter une oreille à ce Live At Donington 1990, car, au-delà de sa valeur de témoignage, il réserve bien des bons moments…Ne serait ce que pour cette voix…
Ajouté : Lundi 23 Mai 2011 Chroniqueur : Mortne2001 Score : Lien en relation: Whitesnake Website Hits: 10754
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