ENIGMATIK (ch) - Slitherin (2008)
Label : Thundering Records / Socadisc
Sortie du Scud : février 2008
Pays : Suisse
Genre : Brutal Jazz Metal
Type : Album
Playtime : 12 Titres - 74 Mins
Ah, la Suisse. Le pays du chocolat... Le pays de la neutralité, surtout vis-à-vis de la provenance de l’argent qui y circule... Le pays des couteaux... Mais aussi le pays dans lequel on trouve des psychopathes musicaux profonds. Non, c’est vrai, faut être vraiment déjanté pour être capable de produire une musique telle que celle que propose les membres d’ENIGMATIK. Tiens, rien que le nom du groupe montre bien qu’ils ont quelque chose à cacher. Un secret certainement bien enfoui et honteux qui nous expliquerai comment ils peuvent s’aventurer de la sorte sur les chemins de la musique expérimentale. Ils ont dû être rendu fous dans leur enfance, je ne vois que ça.
En tous cas, Slitherin est un OANI (Objet Auditif Non Identifié). Rien que le style que le groupe semble vouloir revendiquer est une énigme en soi. Comment du Metal typé Brutal peut-il se marier avec du Jazz ? La réponse en musique… Ce n’est pas vraiment un mélange avec du Jazz, mais plutôt des influences qui transparaissent. Une manière d’appréhender certains passages qui font penser à du Free Jazz (comme sur la fin de « Nautilus »). L’utilisation de la batterie dans un style très jazzy (« The Green Fairy »).Ou bien l’utilisation très expérimentale de machines pour sampler des passages Jazz, cette fois, et de les triturer d’une manière démente pour rendre un produit fini complètement hors norme. On peu aussi mentionner les instrumentales étranges comme « Laudanum ». Non, décidément, ENIGMATIK ne fait rien comme tout le monde. Surtout que quand ils ne s’aventurent pas dans des contrées étranges et hostiles, ils se lancent dans des démonstrations de brutalité extrême qui ne laissent rien intactes. Ça martèle, ça démantèle, ça charcute, ça traumatise. D’ailleurs, je me demande bien comment Guido peut marteler ses futs avec une telle vélocité pendant des temps aussi longs. Il doit avoir les bras de la taille des cuisses de Roseanne Barr ! Et Benoit a-t-il réussit à engloutir son micro tout en chantant pour obtenir de telles sonorités ?
Le gros reproche que je ferais quand même à cet album est la production très en dessous de ce qu’elle aurait dû être pour que l’on puisse encore mieux apprécier le travail effectué. Elle ne montre pas les compositions sous leur meilleur jour, malheureusement. Mais ce n’est pas ce qui m’a empêché d’allé jusqu’au très étrange « Metropolis » qui démontre une nouvelle fois la capacité du groupe à surprendre.
Je ne sais pas à qui peut s’adresser Slitherin. Les plus brutaux des métalleux risquent de le trouver trop expérimental, à moins d’avoir l’esprit ouvert. Les moins brutaux rejetteront tous les passages, et il y en a, en blast beat destructeur. De même pour les expérimentaux. Et pourtant, tout ce monde devrait quand même jeter une oreille vers cet album qui n’est en rien aisé d’approche mais qui est tellement jouissif une fois qu’on y est. Enfin, je donne juste un conseil. Personnellement, j’ai déjà franchi la porte qui me mène vers la folie…
Ajouté : Dimanche 10 Février 2008 Chroniqueur : Wong Li Score : Lien en relation: Enigmatik Website Hits: 13845
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