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MASS HYSTERIA (FRA) - Vincent Mercier (Mars-2013)


MASS HYSTERIA, voilà un nom qui ne peut laisser insensible et résonne dans toutes les têtes de l'hexagone. Il faut dire que le gang français affiche déjà vingt années au compteur ! Au fil du temps, c'est devenu une des valeurs incontournables du paysage métallique grâce à des albums impressionnants de puissance comme Le bien-être et la Paix, Contraddictions ou encore le petit dernier L'armée des Ombres. Un parcours exemplaire souvent parsemé de doutes et parfois d'égarements mais qui a fait aussi la force de ce combo hors norme doté d'une vraie personnalité et d'un charisme hors du commun. 2013 reste une année exceptionnelle pour la formation puisque MASS HYSTERIA a fêté ses 20 années de scène à l'Olympia devant un parterre de fans conquis d'avance, une soirée exceptionnelle dédiée au Metal. Une vraie messe où les morceaux ont été repris en chœurs et ou le combo a pu se donner à fond une fois de plus ! MASS HYSTERIA, c'est avant tout une histoire d'amitié et de passion qui transgresse toutes les règles établis et des musiciens qui n'hésitent pas à se mettre à nu quand il le faut. Une véritable communion avec leur public leur a permis de traverser ces deux décennies malgré les écueils et les difficultés pour arriver à ce chiffre au combien symbolique ! Une croisade qui leur a permis au final d'être serein pour la suite de l'aventure qui est loin d'être finie et s'annonce sous les meilleurs auspices. Qui a dit encore vingt ans ? C'est un peu avant ce fameux concert du 5 avril 2013 à l'Olympia que votre serviteur a pu soumettre au rituel jeu des questions/réponses Vincent Mercier, le petit nouveau de la bande. Entretien avec un bassiste heureux d'avoir pu intégrer MASS HYSTERIA et de partager des moments intenses avec eux ! Un rêve qui se réalise ! Magnéto Vincent, c'est à toi !

Line-up
: Mouss Kelaï (chant), Yann Heurtaux (guitare), Nicolas Sarrouy (guitare), Vincent Mercier (basse), Raphaël Mercier (batterie)

Discographie : Le Bien-être et la Paix (1997), Contraddiction (1999), De Cercle en cercle (2001), Mass Hysteria (2005), Une somme de détails (2007), Failles (2009), l'Armée des ombres (2012), Matière Noire (2015)

M-I Interviews du groupe : Vincent Mercier (Mars-2013), Moustapha "Mouss" Kelaï, Raphaël Mercier et Vincent Mercier (Oct-2015 / ITW-VIDEO)



Metal-Impact. Bonjour Vinz, tu viens d'arriver au sein de MASS HYSTERIA. Comment es-tu devenu le nouveau bassiste ?
Vincent Mercier. C'est vrai que je suis le petit jeunot, je suis arrivé au sein du groupe il y a maintenant deux ans. J'avais déjà suivi MASS HYSTERIA sur la tournée de l'album Noir en 2005. Humainement on s'était super bien entendu, j'étais tout le temps dans leur tour bus. Lorsque l'on est revenu à Paris à la fin de la tournée, on trainait très souvent ensemble dans les bars ou les uns chez les autres. Du coup, entre nous tout se passait très bien. Il y a deux ans, Titou le bassiste est passé à autre chose. Il avait vingt ans de carrière au sein de MASS HYSTERIA et avait envie d'aller voir d'autres horizons. Tout de suite Yann m'a appelé, j'étais le seul qu'il a appelé parce qu'il se rappelait de moi et que l'on se voyait souvent. Il connaissait un petit peu mes qualités de bassiste. Il m'a téléphoné un soir de novembre et m'a demandé si ça m'intéresserait de rejoindre MASS HYSTERIA et j'ai répondu : "banco, on y va !" puis je suis passé les voir en répétitions. On s'est vu et on a fait une petite réunion avec tout le groupe. Au final, j'ai pu intégrer MASS HYSTERIA et commencer une nouvelle aventure avec eux.

MI. Tu appréciais MASS HYSTERIA ?
Vincent. Je connaissais bien quelques albums comme Contraddiction ou De Cercle En Cercle. Etonnamment j'aimais bien ces albums alors qu'eux les appréciaient moins. Je n'étais pas fan mais j'aimais ce qu'ils faisaient et j'ai par la suite composé avec eux L'Armée Des Ombres.

MI. Comment s'est déroulé l'enregistrement ?
Vincent. Dès que je suis arrivé, ils étaient dans le speed. Ils revenaient de Nouvelle Calédonie, c'était la fin de la tournée Failles et de la promotion de l'album. Quand je suis arrivé, il y avait beaucoup de riffs de guitares qui tournaient, beaucoup de répétitions et j'ai suivi le mouvement. Au fur et à mesure tout s'est mis en place.

MI. Tu penses avoir apporté quoi au combo ?
Vincent. Peut-être un peu plus de technicité. Il y a pas mal de relance de basse sur le dernier opus qu'il n'y avait pas forcément avec Titou ! J'ai peut-être un côté un peu plus technique, un son un peu plus tranchant qui colle bien au dernier opus. Mais c'est surtout et avant tout une bonne collaboration.

MI. Le départ de Titou a-t-il été difficile à vivre pour MASS HYSTERIA ?
Vincent. Oui, parce que MASS HYSTERIA est basé sur des relations très humaines que ce soit au niveau de l'équipe technique ou avec le label. Au sein du groupe tout fonctionne à l'humain. Ils ont tenu longtemps. Titou a eu quelques problèmes même si on n'est pas là pour en parler, il n'avait plus envie de jouer avec MASS HYSTERIA. Ils l'ont aidé et ont essayé de faire en sorte que les choses perdurent, ils ont continué longtemps avec lui. Pour moi, c'était très difficile de remplacer une figure emblématique comme Titou qui est à l'origine du combo. C'était pas évident, je ne l'ai pas rencontré malheureusement depuis mais il va bien. MASS HYSTERIA est toujours en contact avec lui. Mouss en l'occurrence le voit régulièrement, il n'y a aucune animosité, les choses avancent. Il avait envie de voir d'autres horizons, peut être que la messe était dite pour lui au bout de vingt ans. On en parle souvent parce que cela reste quand même une blessure et il faut que ça cicatrise.

MI. As-tu ressenti de la pression lors de la phase de composition et d'enregistrement ?
Vincent. Pas forcément de la pression parce que dès que j'ai su que j'allais intégrer la formation, je me suis tout de suite lancé dans l'apprentissage des morceaux. J'avais quand même cinquante-quatre titres à apprendre. C'est ce qui m'a sauvé de la peur que je ressentais de remplacer Titou, j'avais le nez dans le guidon. Je devais composer le nouvel album et aussi apprendre les anciens titres, tout cela m'a un petit peu rassuré.

MI. Le 5 avril, vous allez donner un concert à l'Olympia !
Vincent. Oui, c'est mon premier show à l'Olympia en tête d'affiche et pour marquer les 20 ans de MASS HYSTERIA, c'est une belle chose.

MI. C'est vingt ans ou dix-huit ?
Vincent. On a arrondi à vingt ans mais le combo existe depuis 1993 et le premier album est sorti en 1995. Donc, on est bien à vingt ans.

MI. Vous répétez beaucoup pour cette date à l'Olympia ?
Vincent. Oui, il y a beaucoup de répétitions. On a fait une quarantaine de dates depuis septembre pour L'Armée Des Ombres. On a beaucoup changé la setlist en concerts pour avoir quelque chose d'ultime qui représente bien toute la carrière de MASS HYSTERIA. Pour cette fameuse date de l'Olympia, on prépare beaucoup de belles surprises.

MI. Vous allez jouer plus longtemps qu'a l'accoutumé ?
Vincent. On va donner un show de 1h40, 1h50.

MI. Le concert va être filmé pour la sortie d'un futur dvd. Est-ce que cela change quelque chose lorsque vous montez sur scène ?
Vincent. Justement, on en parlait entre nous et on ne veut pas de ça, on veut que ce soit comme une autre date. Ce qui est bien avec MASS HYSTERIA, c'est que toutes les dates sont importantes que l'on joue à Lille, Toulouse ou au Mans. Ce que l'on veut conserver, c'est l'énergie. On ne se prend pas la tête, on arrive comme d'habitude, tant que techniquement tout fonctionne, j'ai du son à la basse, les machines sont lancées, on rentre dedans et on fait le show. C'est sûr que les gens auront quelque chose d'un peu exceptionnel parce que ce sera filmé et qu'il y aura des surprises. Mais en ce qui concerne la setlist, ce que l'on proposera sera comme un concert classique.

MI. Est-ce que lorsqu'on est sur scène, on n'est pas perturbé par les caméras ?
Vincent. On va préparer ça, on a deux jours de résidence pour tout ce qui est placement, des choses comme ça mais on n'a pas envie que cela soit trop programmé. On ne veut pas être des robots sur scène, on a envie d'être naturel. Les autres membres de MASS HYSTERIA l'ont déjà vécu. Ils ont déjà tourné un dvd pour une date à Toulouse donc ils sont un peu plus habitué que moi. De mon côté, j'ai beaucoup de choses à apprendre mais ça va le faire.

MI. C'est le deuxième Olympia pour MASS HYSTERIA...
Vincent. Oui, ils avaient déjà fait un Olympia pour l'album noir.

MI. Cette période-là est une de tes préférés ?
Vincent. Oui, j'adore l'album Noir. Pour les autres membres de MASS HYSTERIA c'est plus compliqué parce que pour eux, c'est un opus très douloureux quelque part et ils n'ont pas encore vraiment cicatrisé.

MI. Que s'est-il passé pour cet album Noir ?
Vincent. La production n'est pas aussi pêchu qu'auparavant, il y a un problème de son, les compositions sont là mais le son n'est pas là et le public a un petit peu boudé l'album. Quand on en parle ensemble, MASS HYSTERIA n'a jamais failli même après l'opus Contraddiction. Ils auraient pu faire un bis et ils ont écrit De Cercle en Cercle qui était plus aérien et qui a bien fonctionné. Ils avaient envie d'aller jusqu'au bout de leur côté je n'ai pas envie de dire Pop Mainstream, je dirai plus délié. Ils avaient aussi envie de changer et ils ont fait cet opus noir.

MI. Comment expliques-tu qu'il y ait eu un rejet des fans ?
Vincent. Ce qui est bien avec l'art c'est que c'est souvent associé avec le moral de l'Homme. C'était une période assez charnière pour MASS HYSTERIA, ils sortaient de deux grosses tournées Contraddiction et De Cercle En Cercle qui avaient vraiment bien marché. Cela faisait un moment qu'ils n'avaient pas sorti de cd, la question était : "Est-ce qu'il fallait relancer la machine ou continuer dans la même voix ?". Le monde ne t'attend pas pour tourner ! Ils n'étaient pas trop bien dans leurs baskets et cela se ressentait sur Noir.

MI. Quel regard portes-tu aujourd'hui sur L'Armée Des Ombres ?
Vincent. A sa sortie en août 2012, il a été très bien accueilli par les médias. Il est arrivé au top 14 ce qui est quelque chose d'assez rare pour un groupe Rock / Metal français. C'est une belle entrée en matière. On a commencé à jouer dans des festivals belges et le public a tout de suite bien réagi. Comme les gens s'étaient procuré l'album, ils connaissaient bien les morceaux qui se mariaient super bien avec les titres de Failles et D'une Somme de Détails. Il y a une bonne progression. Il a été bien accueilli par le public, on est content et puis il y a aussi un message que l'on fait passée à travers L'Armée Des Ombres. Donc tout va bien.

MI. Vous avez une fois de plus collaboré avec Fred Duquesne (WATCHA, BUKOWSKI). Comment s'est passée ta rencontre avec lui ?
Vincent. En fait, je connaissais déjà bien Fred pour avoir partagé des scènes avec son combo WATCHA en l'occurrence. C'est quelqu'un qui te met à l'aise, il est venu nous voir en répétition pour écouter les nouveaux morceaux. Donc, lorsque je suis arrivé pour poser mes basses, il avait déjà une bonne appréhension des titres, il comprenait dans quelle direction on allait. On avait aussi beaucoup parlé avec lui pour ne pas être évasif, il te met en confiance, il ne te dit pas il faut que tu la rentres parce qu'on n'a pas le temps ou quoi que ce soit au contraire, c'est quelqu'un de très souple. Du coup, la rencontre s'est super bien passée parce que ce n'est pas quelqu'un de stressant pour un musicien.

MI. Vous avez pris votre temps ?
Vincent. On avait quand même des jours impartis mais on avait beaucoup travaillé en amont. On avait énormément répété que ce soit chacun chez soi ou ensemble et on connaissait l'album sur le bout des doigts.

MI. Vous avez travaillé avec Fred Duquesne sur trois albums, je suppose que vous vous sentiez en confiance ?
Vincent. Oui, bien sûr. En plus, il a fait évolué le son de MASS HYSTERIA depuis Une Somme de Détails en passant par Failles jusqu'au dernier. A chaque fois, il a amené un petit plus parce qu'il produit aussi le disque. Il donne des idées qui ne sont pas toujours probantes mais qu'on écoute, il y a une vraie avancé avec lui. On ne sait pas si on fera le prochain ensemble, c'est aussi quelqu'un de très occupé.

MI. Avec qui aimerais-tu travailler ?
Vincent. J'aimerai bien retravailler avec Colin Ritchardson qui avait produit Contraddiction pour retrouver un peu ce son-là. J'écoute beaucoup cet opus notamment pour apprendre les morceaux vu que la liste des morceaux change pas mal et j'aime beaucoup ce coté tranchant.

MI. Vous pensez au prochain album ?
Vincent. Oui, on est sur une bonne dynamique vu que la tournée se passe bien, il y a l'Olympia et tout le monde est confiant. Yann est une machine à riffs, il a peut-être trois cents riffs dans son téléphone ou sur des outils à droite à gauche. Il nous racontait l'autre fois que lorsqu'il est au cinéma et qu'il a un riff en tête, il va aux toilettes pour le siffler dans son téléphone ! [Rires] ... MASS HYSTERIA fonctionne un peu comme METALLICA pour la composition, le clan James Hetfield / Lars Ulrich on le retrouve chez Yann et Rapha. Yann amène beaucoup de riffs en répétition, il nous les joue et Rapha trouve des rythmes. Ensuite, on enjolive le tout ensemble. On tranche en disant ça ce n'est pas bien ou ce n'est pas du MASS HYSTERIA ou c'est une redite et vu qu'il a beaucoup de riffs en réserve on peut rebondir.

MI. Vous avez beaucoup d'idées de morceaux pour le prochain album ?
Vincent. Oui, on les joue souvent pendant les soundcheck. On veut profiter de cette dynamique qui existe au sein du combo pour relancer la machine.

MI. Comment est née cette pochette de l'Armée Des Ombres ?
Vincent. C'est l'œuvre d'un finlandais Juha Arvid Helminen. Lors de la composition de l'opus, Yann a découvert ce photographe finlandais et est tombé amoureux de son univers et plus on avançait dans l'écriture des morceaux plus ce côté Dark se développait et ça collait parfaitement avec son travail. On a donc fini par le contacter.

MI. Comment s'est passée cette collaboration avec Juha Arvid Helminen ?
Vincent. A la base, c'est toujours des idées. Rien n'est impossible dans la musique, c'est ça qui est intéressant. On a contacté le type et on lui a envoyé une maquette. Après tout s'est fait surtout à l'humain. Le mec nous a répondu que ça lui parlait et qu'il avait envie de travailler avec nous. Bien évidemment, il y a un aspect financier mais c'est avant tout un échange. Juha a craqué, il a aimé le projet. Il a eu aussi envie de s'investir, cela fonctionne souvent comme ça. Après, on avait vu un travail de lui qui collait bien avec l'Armée des Ombres. On lui a demandé d'avancé dans ce sens-là.

MI. Quelle est la signification de l'Armée Des Ombres ?
Vincent. Mouss t'en parlerais mieux que moi mais ce n'est pas grave, c'est en rapport avec tout ce qui est révolte, le message c'est indignez-vous. On lui a donné la musique et il a vu qu'il y avait matière à être un peu plus profond. Il avait des souffrances et des choses à exprimer, c‘est quelqu'un qui s'informe beaucoup et qui vit la nuit, il regarde les blogs. Il avait envie avec cet album-là d'avancer, de proposer ça.

MI. Il y a un côté politique derrière les textes ?
Vincent. En effet, un peu engagé sur pas mal de sujets. Il y a un message parce ces dix dernières années, il s'est passé beaucoup de choses et Mouss avait envie de réagir par rapport à tout ça. Il est arrivé à un certain constat, il a un certain âge et il avait envie de parler de thèmes plus sérieux. Après, peut être qu'il ne le fera pas pour le prochain album mais là ça tombait sous le sens.

MI. Pour en revenir à toi, qu'est ce qui t'as donné envie de devenir bassiste ?
Vincent. Je vivais en Franche-Comté dans l'est de la France et avec des amis on faisait beaucoup de skate board. C'est une discipline qui est souvent alliée avec le Street Art et la musique. Un jour, on est tombé sur un concert des Tambours du Bronx qui donnait une représentation dans notre ville et là je me suis dit, voilà c'est ce que je veux faire dans ma vie. Je voyais des mecs s'éclater et j'écoutais déjà beaucoup de musique mais il fallait passer au côté physique. On s'est tous acheté des instruments et j'ai débuté avec le Metal. J'ai joué et j'avais l'impression de ne savoir rien faire d'autre d'aussi bien. J'ai tout de suite flashé sur la basse, c'est entre la percussion et les guitares, il y a la note mais en même temps c'est très rentre dedans et puis je pense que cela allait bien aussi avec ma personnalité. Par la suite, j'ai joué avec beaucoup de groupes locaux franc-comtois toujours dans le Rock un peu extrême et puis je suis monté à Paris pour jouer avec une formation du nom de VEGASTAR. Je suis resté cinq ans avec eux, c'était vraiment bien. Ensuite, j'ai rejoint DIE ON MONDAY qui était un peu plus dans le style Stoner Rock, un peu dans l'esprit QUEENS OF THE STONE AGE. Et comme je te l'ai dit, j'ai partagé l'affiche avec MASS HYSTERIA en 2005 quand j'étais avec VEGASTAR et du coup, on était toujours un peu dans le même périmètre. On s'appréciait mutuellement et c'est là qu'ils m'ont demandé de les rejoindre. Ca tombait à pic comme quoi quand on tient bon la barre, les choses finissent par arriver. Il faut prendre du plaisir, jouer et être présent, cela paye toujours.

MI. Vous venez d'assurer quarante dates, comment as-tu vécu cette tournée ?
Vincent. C'est justement le côté humain qui est très important. Ils m'ont appelé et on a fait une petite réunion car ils voulaient me redécouvrir un petit peu plus au sein de MASS HYSTERIA. Car lorsque tu pars pour quatre-vingt-dix ou cent dates avec un groupe, tu as intérêt à ce que le courant passe... Imagine dans le camion, les soundchek, les chambres d'hôtels ou bien les loges... Dans le cas contraire, ça peut devenir très vite problématique et partir en dépression. Du coup, à chaque fois humainement tout se passe bien. J'en parlais dans le dvd qui accompagne l'album, eux ils sont habitués à toute cette furia des gens un peu partout autour, voir les fans slammer et pour moi c'est jouissif tous les jours. Il n'y a pas une date qui se ressemble et c'est vraiment bien.

MI. Est-ce qu'il y a des concerts qui t'ont marqué plus que d'autres ?
Vincent. Je crois que chaque date à son petit truc. On peut jouer à Genève devant deux cents personnes, c'est une date ou il n'y aura pas trop de monde et il va y avoir un évènement dans la soirée qui va faire que cette date sera spéciale et que je m'en rappellerai.

MI. Vous avez prévu de participer aux festivals cette été ?
Vincent. Oui, le Hellfest à nouveaux, les Eurockénnes. Le Hellfest ça va être une belle date. Je prends toutes les dates au fur et à mesure qu'elles arrivent et je n'en mets pas une au-dessus des autres même pour l'Olympia. Je vis l'instant présent et comme je te l'ai dit, pour chaque concert il y a un petit truc qui se passe. Du coup je ne me dis pas on va vite éliminer le show du Havre et passer à autre chose. MASS HYSTERIA est dans la même optique, pour eux chaque date est importante. Si on est sur scène et que j'ai un petit coup de mou, j'ai Mouss ou Yann qui vont me dire allez mec on y va, on rentre dedans. Il y a un bon esprit, il n'y a pas de petite date, pas de petite gens, tout est important.

MI. Est-ce que les réactions sont différentes en fonction des publics ?
Vincent. Comme d'habitude le public du Nord et de l'Est est plus Rock'n'roll que celui du Sud. Mais on a toujours eu un bon accueil avec MASS HYSTERIA même dans le Sud qui est supposé être un public un peu plus doux, cela se passe vraiment bien. A chaque fois, il y a un lot de furieux. La dernière date de la tournée aura lieu à Strasbourg le 13 décembre. Il y a encore pas mal de dates qui vont tomber donc tout va bien.

MI. Comment évolue vos relations avec votre nouveau label Verycords ?
Vincent. Très bien, ils sont venu avec l'envie de construire une famille avec nous et pas forcément dans l'esprit de faire de l'argent en essayant de placer à tout prix le groupe en radio pour vendre tant de disques. Ils ont bien évidemment des prétentions au niveau des ventes de disques comme tout label mais en même temps, ils avaient plus envie de construire une famille. Ils voulaient avancer avec MASS HYSTERIA et participer au projet plutôt que de nous harceler avec des passages radios.

MI. Est-ce que tu as l'impression qu'aujourd'hui la vie de musicien est devenue plus difficile ?
Vincent. Moi ce qui me fait plaisir c'est que j'ai toujours voulu faire de la scène. Il y a quinze ans peut être qu'ils y avaient des musiciens qui sortaient des disques et qui en vendaient tellement qu'ils se disaient que ce n'était pas la peine de partir en tournée. Je suis bien à Paris, je vends des cds et je n'ai pas envie de partir. Alors que pour moi le nerf de la guerre c'est de partir sur les routes et en l'occurrence à mon avis le cd c'est vraiment un instantanée de ce que cela peut donner sur scène et lorsque tu regardes les combos des années 70 comme Alice Cooper, c'était cet esprit-là. Certes, c'est dur d'en vivre parce que l'on gagne beaucoup moins d'argent avec les ventes de cd mais en même temps, tant qu'on peut partir sur la route et faire plaisir aux gens, c'est bien. Voilà, c'est la seule différence. Pour moi, les concerts restent très importants.

MI. Est-ce que tu penses que tout le système musical doit se réadapter ?
Vincent. Pour la variété, la Pop ou le R n B, je ne sais pas. Ils se débrouillent un peu comme ils peuvent les pauvres. Pour le Rock, il faut aller manger de la route c'est important. La rencontre avec les gens, c'est la base.

MI. Comment expliques-tu que depuis les années 80, la scène française n'est pas réussie à se développer autant que dans certains pays ?
Vincent. La France n'est pas un pays Rock à la base, c'est la terre de l'accordéon, on le dit souvent. Les choses peuvent changer mais respect tout de même à Yvette Horner [Rires] ... Yvette si tu nous entends, refait toi une coiffure ! [Rires] ... Dans l'hexagone, plus tu perdures et plus on t'accorde une espèce de respect et alors on commence à écouter ta musique. Je prends quelqu'un qui n'a rien à voir avec le sujet mais qui est significatif, Pascal Obispo a dû sortir quatre ou cinq albums avant d'être écouté et pouvoir cartonner. Ici, il faut vraiment dire à nos concitoyens : "attendez les gars, on va résister, on existe". Alors qu'aux Etats-Unis ou dans d'autres pays, tu sors un bon album et voilà t'es accepté, tu es au même stade que tout le monde. Tu as envie de tourner c'est simple, tu fais ton truc. Dans notre pays, il faut passer certains échelons, certaines étapes. On se demande si tu es viable, est-ce que ce n'est pas un groupe d'un coup. Les gens sont très méfiants et en plus comme je te l'ai dit, on n'est pas à la base on n'est pas un pays Rock. Mais ça commence à évoluer avec des combos comme GOJIRA.

MI. Est-ce que tu as l'impression qu'aujourd'hui il y a une grande reconnaissance par rapport à MASS HYSTERIA ?
Vincent. Oui carrément ! Au niveau du public, on a deux générations qui viennent nous voir. Il y a les quarante/cinquante ans qui accompagnent leurs enfants qui eux ont quinze ou vingt ans et qui kiffent MASS HYSTERIA comme leurs papas.

MI. Comment expliques-tu que MASS HYSTERIA a résisté alors que beaucoup d'autres formations françaises ont disparu ?
Vincent. C'est l'humain qui fait la différence. Les gars de MASS HYSTERIA malgré les épreuves se sont toujours soutenus mutuellement, ils ont tenu la barre et ça a fonctionné comme ça. Je pense que de prime abord ce sont des gens qui s'aiment et qui s'apprécient. Ils connaissent les défauts des uns et des autres mais ils ont réussi à effacer cela. Et puis, ils ont une envie musicale. Il y a aussi ce côté kid, amoureux de la musique. On est fan avant que l'on soit fan de nous. On adore tous des musiques différentes et c'est ce qui donne aussi MASS HYSTERIA. Mais avant tout, on est passionné de musique et c'est ce qui nous permet aussi de résister et d'avancer.

MI. Vous formez une vraie famille...
Vincent. Oui, on est complétement une famille que ce soit l'équipe technique, les musiciens, le label et tous les gens qui gravitent autour de nous. Je ne suis pas mieux considéré parce que je suis le bassiste que le mec qui nous fait le son ou la régie. On ne parle même pas de cela, toute l'équipe avance ensemble, on est dans le tour bus et il n'y a pas de piédestal.

MI. A l'écoute de L'Armée Des Ombres, on retrouve un côté TRUST notamment au niveau des textes !
Vincent. Oui, exactement. Je te rejoins totalement sur le côté TRUST un peu revendicateur mais pas paternaliste. Je me rapproche plus du discours positif de Mouss. Ce que j'aime dans MASS HYSTERIA, c'est que l'on peut nous donner des leçons de morale, la vie est dure mais elle vaut la peine d'être vécue. Il faut être positif, il faut avancer, il ne faut pas se laisser bouffer par la haine. C'est un aspect que j'aime bien. Après, je n'ai pas envie d'être moralisateur face au public parce que les gens ont la télévision, ils peuvent l'ouvrir et voir la misère du monde actuel. Il y a de bonnes émissions comme l'Enorme TV.

MI. Comme tu es le petit dernier arrivé, est ce que tu peux me donner tes impressions sur les opus de MASS HYSTERIA ?
Vincent. Oui, bien sûr. Allons-y.

MI. Le Bien Etre Et La Paix.
Vincent. C'est des morceaux que l'on joue encore sur scène. On en fait quatre, j'adore les jouer, j'aime le punch des titres avec ce petit côté BERURIERS NOIRS. Tu retrouves un peu de revendication, ce côté tranchant et "techno" me plait vraiment. J'aime beaucoup cet album.

MI. Le live à Montréal.
Vincent. Je ne le connais pas beaucoup, je l'ai écouté une ou deux fois, ça reflète bien ce qu'est Le Bien Etre et la Paix.

MI. Contraddiction.
Vincent. Vraiment une pièce maitresse que les gens aiment. La furia, grand opus.

MI. De Cercle En Cercle.
Vincent. Plus aérien, posé. Les textes, je ne vais pas dire qu'ils sont alambiqués mais recherchés conviendrait plus. J'ai encore du mal a bien saisir le sens de l'album. C'était une belle prise de risque après Contraddiction. Il y a une belle pochette avec ce cosmonaute. Ils n'ont pas fait un Contraddiction bis. C'est un bon album.

MI. Mass Hysteria.
Vincent. C'est celui que j'adore, il est beaucoup plus Pop entre guillemet. Il est super efficace et avec des textes très sombres mais qui parlent à tout à chacun à un moment de notre vie.

MI. Une Somme De Détails.
Vincent. C'était reparti, la dépression était fini, ils avaient envie alors d'en découdre à nouveau. C'est l'album de la renaissance.

MI. Failles.
Vincent. C'est le petit côté tranchant rajouté à Une Somme De Détails. Il y a des riffs un peu sombres et plus Metal apporté par Yann.

MI. Le dvd Live 2011.
Vincent. Il synthétise un peu toute la carrière du groupe, ils n'hésitent pas à montrer les failles, sans jeu de mots, et a expliquer comment ils ont avancé. C'est le fameux live enregistré au bikini de Toulouse qui montre bien ce qu'est MASS HYSTERIA.

MI. L'Armée Des Ombres.
Vincent. Il correspond à mon arrivée au sein de MASS HYSTERIA et de mon travail de composition avec eux. Encore une évolution au niveau de l'écriture musicale de même que pour le discours et ce n'est pas fini.

MI. Pour conclure as-tu un mot à rajouter ?
Vincent. J'espère que le public et les lecteurs de MI après cette interview auront envie de venir nous découvrir et faire la fiesta avec nous le 5 Avril à l'Olympia pour les vingt ans de MASS HYSTERIA.

MI. Merci beaucoup Vincent.
Vincent. Merci à toi.


Ajouté :  Vendredi 27 Février 2015
Intervieweur :  The Veteran Outlaw
Lien en relation:  Mass Hysteria Website
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