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THE DILLINGER ESCAPE PLAN (usa) - Ben Weinman (Avril-2013/VF-EV)


Deuxième rencontre avec Ben Weinman, et toujours le même plaisir de parler à un musicien d’exception, responsable de bien des vocations, et créateur d’un style unique, appelé stupidement Mathcore… Avec un nouvel album dans la musette, le fabuleux One Of Us Is The Killer, qui explore les innovations entreprises sur Option Paralysis il y a trois ans, THE DILLINGER ESCAPE PLAN reste sous le feu des projecteurs en tant que groupe leader d’une scène qu’il serait vain de tenter de définir… Cette interview lui aura permis d’exprimer ses vues sur la vie, son rôle au sein du groupe, de ses influences, mais aussi de glisser quelques blagues à froid dont il a le secret… Ca n’est pas encore aujourd’hui que nous enterrerons ce musicien aussi talentueux qu’humble, et il semblerait qu’il ait encore beaucoup de choses à dire… Si vous vous donnez la peine d’écouter bien sur.

Line-up
: Greg Puciato (Chant), Ben Weinman (Guitares), James Love (Guitares), Liam Wilson (Basse), Billy Rymer (Batterie, percussions)

Discographie : The Dillinger Escape Plan (Relapse Records, 1997); Under The Running Board (Relapse Records, 1998); Calculating Infinity (Relapse Records, 1999); Irony Is A Dead Scene (Epitaph, 2002); Miss Machine (Relapse Records, 2004); Plagiarism (Relapse Records, 2006); Ire Works (Relapse Records, 2007); Option Paralysis (Season Of Mist, 2010), One Of Us Is The Killer (Party Smasher, 2013)

M-I Interviews du groupe : Ben Weinman (Fév-2010/VF-EV), Ben Weinman (Avril-2013/VF-EV)

Reranscription : CyberIF. & Craig
Traduction : Mortne2001



Metal-Impact. Salut Ben, ravi de te revoir. Nous avions déjà fait une interview il y a trios ans. Je suis heureux de te parler de ce nouvel album, qui est fantastique par ailleurs. Bravo. Nous allons donc parler de One Of Us Is The Killer qui sortira en Mai en Europe je crois? Peux-tu nous en dire plus sur le processus de composition?
Ben Weinman. Merci. Yeah, en fait, on n’avait pas vraiment d’idées au départ. On s’y met c’est tout. On ne peut pas procéder autrement. On utilise tous les outils à notre disposition et on essaie de faire un album cool. Je peux être à l’arrière du bus, tapoter sur un truc et l’enregistrer sur mon téléphone par exemple…Ou je peux pianoter, ou notre batteur arriver avec un rythme… Je prends, je tords dans tous les sens, expérimente en m’asseyant sur les toilettes avec une guitare… Il n’y a pas de recette. On a toujours procédé comme ça depuis le début. Je veux dire, quand j’ai commencé avec ce groupe, je n’ai pas eu d’ampli pendant un an. J’étais dans le groupe sans ampli. On n’a jamais fait attention aux détails, si notre matos était assez bon, ou aux circonstances, on sait juste quand il faut s’y mettre, et parler de ça à posteriori nous est impossible, nous n’avons pas le recul nécessaire ni l’objectivité, nous sommes encore dans le truc, sans vraiment savoir ce qu’on a fait. C’est intéressant de parler à quelqu’un qui l’a écouté, j’aime faire ces interviews et entendre ce que les gens ont à me dire à propos du disque, comment quelqu’un d’extérieur le perçoit. Ca me prend généralement quelques mois voire un an avant que je ne puisse me replonger dedans et comprendre ce que nous avons achevé.

MI. Le titre de cet album est étrange. Y’a t’il un concept derrière tout ça?
Ben. Il n’y a pas vraiment de concept stricto sensu, mais chaque album est un concept parce que c’est quelque chose qui émerge de toi. Chaque disque décrit une partie de ta vie. En un sens, ça représente ce que tu peux traverser, mais en aucun cas nous ne glissons de concept volontairement. On ne fait jamais ça. En général, autant musicalement qu’au niveau des textes, cet album parle du fait de vieillir et réaliser que lorsque des choses vont mal, on a tendance à réagir genre “c’est de ta faute”, plutôt que « bon, il y a des leçons à tirer de ça »… Je pense que chaque circonstance difficile, chaque écueil dans une relation doit être appréhendé comme des conséquences de notre comportement, nous en sommes en partie responsables. C’est un besoin d’introspection, de regarder en soi plutôt que de courir partout en gueulant que la vie est cruelle.

MI. Qui est le tueur dans DILLINGER? Peut être toi?
Ben. Peut être moi en effet! (rires)

MI. Cet album fantastique est peut être pour moi l’album le plus original de DILLINGER. Tu ne le réalises pas tout de suite, mais après plusieurs écoutes, tu découvres des arrangements bizarres, des sons étranges… Est-ce un parfait raccourci de l’histoire du groupe?
Ben. Je pense que c’est le premier album dont je n’ai la moindre idée sur sa qualité. Je ne sais pas si c’est l’album lui même, ou le fait que nous faisons ça depuis si longtemps, mais je ne raisonne plus en terme chronologique, ou de catalogue. Je ne pense pas en termes, “C’est celui là, celui ci est, non c’est celui ci”, je vois ça en termes d’œuvre globale maintenant. Ca nous représente peut être globalement, mais chaque détail est important, ça devient plus dense, c’est tout. Nous étions comme ça avant, et maintenant, nous sommes ainsi, je ne pense pas que nous devenions plus murs, c’est juste une continuité… Faire ce que nous avons à faire, rien de plus.

MI. Avez-vous mis l’emphase sur les arrangements pour cet album? Je pense à la rythmique bizarre de "When I Lost My Bet" par exemple ou le riff le plus sombre de DILLINGER qu’on peut entendre sur "One Of Us Is The Killer", le dernier morceau...
Ben. Il n’y a qu’une chose qu’on ait faite délibérément sur cet album, lorsqu’un truc sonnait trop… « facile » Nos idées et nos rythmes sont plutôt hermétiques à la base. Quand quelque chose sonnait trop “simple”, je le changeais de moi-même pour qu’il le soit moins. Je devais le faire. Alors bien sur, pour l’auditeur lambda, il y a des choses qui doivent paraître bizarres. Alors j’ai coupé dans le tas, j’ai trituré des trucs, j’ai accéléré le tempo lorsqu’il était lourd, pour aboutir à des trucs étranges. Pour obtenir des choses différentes de ce que nous avions déjà faites, ce qui ne doit pas paraître évident à quelqu’un d’extérieur qui ne percevra ça que comme des « rythmes bizarres ». C’est vraiment étrange et inhabituel. Il y a beaucoup de choses qui me rendaient nerveux pendant l’enregistrement, ce qui a créé un climat de stress. Je commence seulement à me relaxer ! On avance de façon à nous mettre en danger, car l’art se doit d’être pratiqué dans des circonstances dangeureuses. Et ce monde créé aujourd’hui est très confortable! (rires). Beaucoup de gens composent et pratiquent l’art devant leur ordinateur, chez eux, c’est un environnement très rassurant. Alors si on peut injecter dans leur monde des éléments étranges, c’est parfait !

MI. Parlons des chansons et des influences. Je me suis dit que certains titres paraissaient sous influence alors que d’autres ressemblaient à des choses très personnelles. Je pense à "Magic That I Held You Prisoner" et "Hero Of The Soviet Union" qui sonnent comme des chutes de Irony Is A Dead Scene avec le fantôme de Patton qui flotte autour de vous. Alors que "Paranoia Shields" tend à être l’épitomé de l’art de DILLINGER. Peut-on affirmer que vous avez trouvé la recette idéale pour le groupe ou la route est elle encore longue?
Ben. C’est marrant parce que beaucoup de gens me disent que cet album leur est très cher, que des éléments d’Irony se trouvent dans ce nouvel album. Je ne sais pas… C’est juste un nouvel album pour moi, c’est peut être pour ça qu’il est spécial. C’est juste un procédé naturel que j’ai vraiment apprécié. Il est ce qu’il est. Et pour une fois, je le prend pour ce qu’il est. Je pense que la source des plus grands changements vient de Greg, parce qu’il a maintenant plus confiance en lui. Prendre la suite de Mike Patton n’est pas chose aisée parce qu’il a créé un scénario ou tout est possible. Et Greg a plus ou moins suivi ce schéma, c’est sans doute pour ça que tu trouves ces similitudes.

MI. On parlait justement d’Irony Is A Dead Scene, et ma question de fan : quand aurons nous droit à sa suite? Peut être avec un autre chanteur?
Ben. (rires) Je ne sais pas. Je veux dire, Greg est notre chanteur et cet album correspond à une phase de transition, durant laquelle nous avons eu la chance de sympathiser avec Mike. Il appréciait ce qu’on faisait, nous avons eu l’occasion, mais je ne pense pas que DILLINGER travaille de nouveau avec Patton ou tout autre chanteur, mais je suis en lien avec lui depuis des années et nous parlons souvent de faire de la musique ensemble, donc peut être que tout ceci se concrétisera un jour...

MI. Vous avez sorti un mini album de reprise avec Plagiarism. Vous n’avez pas envie de pousser le concept à un album entier?
Ben. Pas vraiment, c’était juste pour le fun. C’était vraiment dans le délire, « arrêtons avec nos rythmes” et le moyen de montrer à nos fans que nous écoutions des trucs vraiment différents. Si tu aimes le Metal, tu ne dois pas écouter que ça. Ces chansons étaient des trucs sur lesquels nous tapions le bœuf pendant les répètes, et nous avons décidé de les enregistrer. Ca permettait à Greg de s’essayer à différents genres, c’était vraiment pour le fun. Certaines personnes ont trouvé ça bizarre, que nous ne varions pas plus le son pour que ça ait la patte DILLINGER. Et c’est vrai qu’elles sont assez fidèles. Nous ne voulions pas modifier les titres pour nous les approprier, nous voulions juste les jouer pour nous amuser, mais je ne pense pas que prendre le temps d’en faire un album entier soit une bonne idée.

MI. Il y a quelques mois, j’ai lu que les nouvelles chansons étaient grandement influences par le Punk et le Hardcore, ce que tu penses toujours d’ailleurs. Un retour aux sources? Quel genre de Punk et de Hardcore écoutes-tu d’ailleurs?
Ben. Il y a eu beaucoup de reformations de groupes ces dernières années, qui s’étaient séparés il y a quelques temps… C’est peut être de ça dont tu veux parler: moi me replongeant dans le passé et écoutant de vieux albums. Dans le New Jersey juste à une heure de New York City, deux heures de Philadelphia, trois ou quatre heures de Washington DC, j’ai eu accès à pas mal de trucs Post Hardcore. Très influences par les groupes légendaires, BAD BRAINS, BLACK FLAG et tout le truc New York Hardcore qui a eu une très grande influence sur moi. En revenant à New York dans ces coins barges où je n’aurais pas du aller à cause de mon âge, et étant très intimidé par ce qui s’y passait, par le fait que n’importe quoi pouvait s’y produire à n’importe quel moment, c’était vraiment étrange au début des années 90. Et puis en allant à New York au CBGB’s entre autres, il y avait des algarades. Il y avait le chaos engendré par les skins, mais de là où j’habitais, ça n’était pas perceptible. Dans mon quartier, tout n’était que jolies clôtures et pom-pom girls. C’était très intéressant d’aller là bas, où tout pouvait partir en vrille, et ramener des bribes de cet univers chez moi. J’avais une chambre, un sous-sol, et un garage pour faire de la musique, et c’est de cette façon que fut créé THE DILLINGER ESCAPE PLAN. Certains de ces groupes, comme les CRO-MAGS, BAD BRAINS, SICK OF IT ALL, m’ont influencé, même ce courant bizarre Hare Krishna avec Shelter 108. Ils hurlaient des trucs à propos des religions orientales, mélangés aux racines Hardcore. REFUSED vient de se reformer…J’ai vu leurs tous premiers concerts devant 10 personnes…Quand ils se sont séparés, ils faisaient des shows aux USA devant 70 pelés, mais j’ai toujours apprécié leur musique. Et aussi les vieux groupes de Metal que j’écoutais comme ENTOMBED ou les premiers SEPULTURA, qui étaient très influencés par le Punk et le Hardcore…

MI. Comment vois-tu la scène Hardcore en 2013? Penses tu qu’elle existe toujours où qu’elle est définitivement enterrée?
Ben. L’influence est toujours là, mais pour moi c’est plus culturel que musical…Pour moi, le Hardcore c’est prendre de l’influence et être capable de créer par soi-même. Organiser un concert par soi-même, sortir ta musique par toi-même, de fait, tu es encore plus respecté, et Internet te facilite d’ailleurs la tâche…Mais les sous cultures qui ont éclot à divers endroits étaient influencées par l’économie, la sociologie, ou même la géographie… Comme ces tribus Africaines qui ne subissaient pas l’influence environnante. Les choses arrivent, et elles ont une influence sur le monde extérieur. Avant Youtube, Myspace, Facebook et tous ces réseaux sociaux, ce genre de phénomène touchait plus ou moins le monde de la musique mais ça n’arrive plus, ce côté de “proximité” n’existe plus, faire la démarche d’aller quelque part voir quelqu’un, sans savoir vraiment ce que tu vas voir… Il y a quelque chose de spécial à te rendre dans un endroit où les choses sont imprévisibles. Et c’est ça qui m’effraie, qu’un jour tout le monde voit la même chose au même moment, dans un endroit sur. Ca fausse la donne… Je ne suis pas sur que quoi que ce soit de Hardcore arrive encore le Hardcore… (rires)

MI. Selon toi, quelles sont les différences entre One Of Us Is The Killer et Option Paralysis, sorti il y a trois ans? Est-ce une nouvelle étape, une progression? Comment juges-tu Option Paralysis plus de trois ans après sa sortie?
Ben. J’aime toujours ce disque c’est un de mes préférés. C’était une véritable évolution, c’était la première fois je crois que nous arrivions à combiner tout ce que nous étions, dans un disque fluide. Nous avons toujours expérimenté, essayé des trucs, ne pas se brider…Pour la première fois, un disque représentait vraiment ce qu’est DILLINGER, qui mélange des sons en une matrice unique, et c’est ce que nous avons continué à faire sur celui-ci. Nous n’avons jamais tenté de faire mieux que le disque précédent, nous ne sommes pas dans le trip « faisons mieux qu’avant ! », ça n’est jamais été notre truc. Nous continuons juste notre travail.

MI. Comment les fans ont ils réagi lorsque vous avez mis “Prancer” sur le net? Etait ce la meilleure manière de promouvoir l’album? Est ce qu’Internet est la seule façon de promouvoir son travail en 2013?
Ben. Ah, je suppose que si nous avions un renne volant et jouant notre musique …
C’est dur de choisir une chanson et de l’offrir aux fans ou aux autres, parce qu’aucune ne symbolise vraiment le son DILLINGER… Même pas un disque entier ! Tu l’as écouté, tu sais ce que je veux dire, il n’y a pas une chanson qui puisse le représenter… Nous sommes un groupe d’albums, pas de singles. Chaque chanson est une partie d’un tout sur le disque. C’est donc si difficile de choisir qu’on en prend une au hasard et qu’on la sort.

MI. Encore un changement de line-up cette fois, Jeff a quitté le groupe et a été remplacé par James Love, qui jouait déjà sur scène avec vous. Te vois-tu comme le seul gardien de la flamme ou Greg et Liam font-ils aussi partie du cénacle?
Ben. C’est étrange, parce que Liam et Greg font partie du groupe depuis longtemps…C’est aussi étrange parce que je suis le seul membre originel qui reste, moi qui n’était pas fan du groupe d’ailleurs et qui n’en attendais rien… Je ne m’attendais pas à ce que qui que ce soit l’apprécie. Nous n’avons jamais pensé faire carrière, nous n’avons jamais pensé qu’on puisse attendre quelque chose de nos chansons. Nous avons commencé à composer, puis les gens nous ont identifiés, ont commencé à décrire notre son, à nous dire comment il fallait qu’on sonne, nous disant des trucs comme « ces chansons ne représentent pas ce que vous êtes ! »…Alors très tôt, nous nous sommes arrangés pour que les gens attendent de nous l’imprévisible. C’est une des choses que nous avons apprise de Mike Patton, qui nous a enseigné l’art de ne pas laisser les gens vous dicter votre conduite ou votre art. Car à partir de là, c’est comme une condamnation à mort. A partir de là, nous nous sommes bornés à ça, et les autres membres avaient un rôle de catalyseur, en s’étonnant que nous soyons encore excités de jouer dans ce groupe. Ils nous rappelaient à quel point nous avions de la chance de faire ça, parce qu’au départ, je ne pensais pas que quelqu’un s’y intéresserait. C’était vraiment un truc entre nous. Je pense que mon job en tant que seul membre fondateur toujours présent à l’appel est de garder le troupeau uni, d’écrire de la musique honnête que nous ressentons vraiment, et dans laquelle nous sommes impliqués, et ne pas faire attention à ceux qui pensent que la musique de DILLINGER doit sonner de manière bien précise parce que ça n’est pas le cas. Nous devons juste continuer à écrire la musique que nous aimons.

MI. Il existe une relation particulière entre la France et THE DILLINGER ESCAPE PLAN. Peux-tu le ressentir lorsque tu joues ici?
Ben. Absolument. La France a été un des premiers pays à nous adopter. Ca dépend si les gens sont ouverts d’esprit, la manière dont ils appréhendent l’art, et je pense que les français sont aussi critiques envers nous que nous le sommes envers nous-mêmes (rires) ! Ils attendent beaucoup et sont très critiques. Nous aussi.

MI. En 2009, vous avez créé votre propre label. Dis nous en plus sur cette volonté d’avoir votre propre structure et la façon dont les choses ont pris forme. Es-tu satisfait de la tournure des choses?
Ben. Nous étions sur Relapse depuis des années et c’est un label fantastique. Il n’en reste plus beaucoup comme ça, qui ont des vibrations et une culture personnelle. Nous étions heureux d’en faire partie. Mais au final, ils restaient quand même un label traditionnel. Lorsque notre contrat est arrivé à terme et que nous étions dégagés de nos obligations, nous voulions être surs que nous allions avancer en gardant le contrôle des choses. Pour faire ce dont nous avions envie. Je pense que la chose la plus sensée qu’on puisse dire à propos de tout ce business musical, c’est qu’on n’a pas la moindre idée de la bonne marche à suivre. Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix. Il faut juste essayer, il y a juste la “façon DILLINGER” de faire les choses. Ce label, Party Smasher n’est que la première étape de la direction que nous allons prendre et qui nous assure une protection quoiqu’il arrive. Nous sommes très heureux, nous ne sommes plus pieds et poings liés par un contrat qui nous empêche d’évoluer et de changer. C’est la seule chose que nous voulions.

MI. Parfait. A propos de Sumerian Records, êtes vous satisfaits de la distribution de cet album?
Ben. Nous avons eu des contacts avec différentes personnes dans différentes régions. Sumerian c’est pour l’Amérique du Nord, pour l’Australie c’est Remote Control, qui ont déjà ADELE et RADIOHEAD, au Japon c’est un label spécialisé dans le Grind…On essaie juste de s’associer avec des gens qui sont bons dans leur job.

MI. Peux-tu nous parler de la tournée promo pour One Os Us Is The Killer et surtout, quand allez vous jouer à Paris?
Ben. En fait, nous avons déjà pratiquement 200 dates de bouclées et c’est assez effrayant. Ca fout les jetons. Les Etats Unis sont si vastes, on commencera là-bas, par de petites salles, de petites villes pendant deux mois puis nous viendrons en Europe pour la saison des festivals, et on retournera aux USA pour jouer dans les grandes villes. Et puis nous reviendrons ici pour faire une vraie tournée, probablement en automne, vers Octobre 2013.

MI. Une question perso: qui est Ben Weinman en 2013? Est ce le gamin qui a accompli ses rêves ou bien lui reste-t-il encore des buts (je l’espère!)? Si tu devais choisir une chanson de DILLINGER pour te définir, laquelle serait ce?
Ben. Oh…Bonne question, mais difficile…Je pense que ce que j’ai compris à mon propos, c’est qu’aucune décision ne te construis, ou te détruits ou te définis. C’est juste une évolution permanente. C’est tout ce qui compte. Comme si je ne devais pas me référer au passé. Je pense qu’en vieillissant j’ai compris qu’il fallait rester les pieds sur terre, et ne pas suivre les modes parce qu’il y aura toujours des gens qui aimeront et n’aimeront pas ce que tu fais. Rien de cela ne me définit. Et c’est un constat nouveau pour moi (rires). Alors, en 2013, je suis juste ce que je vais accomplir. C’est tout ce qui m’importe.
Une chanson qui me définirait? C’est vraiment difficile…Là tout de suite, je pense à “One Of Us Is The Killer”, parce que c’est vraiment une grande partie de moi. Elle représente ce concept d’avancer en permanence. Il faut s’impliquer, mais ne pas trop réfléchir sur tout. C’est encore quelque chose de nouveau pour moi. Cette chanson a été écrite très rapidement, et très naturellement, je l’aime beaucoup et j’aime son concept! (rires)

MI. Etes vous, d’une certaine façon, une métaphore sur la vie, ou du moins sur votre conception de la vie?
Ben. Ce disque est très dynamique, et c’est la concrétisation de tous ces hauts et ces bas, ce calme avant la tempête. C’est la réalité de la vie, tu n’es pas toujours en train de crier parce que quelqu’un essaie de te tordre le cou…Ca n’est pas la réalité, personne ne se sent comme ça tout le temps…C’est pour ça qu’il y a tous ces passages calmes et ce qui fait que One Of Us Is The Killer est une partie importante de notre travail.

MI. Nous parlions de toi, je me demandais si parfois tu regardes en arrière et surtout vers l’année 1999. C’est l’année de sortie de Calculating Infinity. C’est votre album le plus violent et le préféré de nombreux fans (dont moi). Es tu toujours satisfait de cet album, où le considères tu comme un cri primal d’un adolescent en devenir?
Ben. Il y a cette chanson que nous avons mise sur notre tout premier EP auto intitulé…Beaucoup de gens l’ont écoutée, et c’était juste une espèce de jam un peu Jazz…Il n’y avait même pas de distorsion. La deuxième chanson ne consistait qu’en des paroles répétées indéfiniment, « Nous n’essayons pas de vous impressionner, nous n’essayons pas de vous impressionner, nous n’essayons pas de vous impressionner… ». Et je pense que ça en dit long sur ce que nous allions faire, et notre attitude et éthique à venir. Calculating Infinity n’était que l’étape suivante, nous essayions juste de nous dépasser et de créer quelque chose de vraiment novateur, quelque chose qui serait difficile à identifier pour les gens. Nous avons fait ça pour les gens qui s’impliquent dans leur art. C’est un disque très important et j’en suis fier. Mais tout ce que les gens considèrent comme des innovations venait juste du fait que nous n’étions pas assez bons pour jouer ce que nous voulions (rires)! Hey, ça sonne vraiment barge, mais c’est juste parce que je ne sais pas quelle transition jouer ! C’est hors cadre et c’est grotesque ! J’en suis très fier, mais il faut avancer devenir meilleur et écrire de meilleures chansons, c’est tout ce qui compte.

MI. Je pense qu’un des plus grandes améliorations dans votre musique, est cette approche quasi Pop. Les chansons sont très expressives, et je pense que la quintessence de DILLINGER se trouve dans les chansons ambiantes comme "Parasitic Twins" ou "One Of Us Is The Killer". Est-ce une bonne approche de la musique pour toi? Plus que dans les titres courts et à fond la caisse comme “Sugar Coated Sour” …
Ben. Faire des chansons aux signatures rythmiques non conventionnelles n’est pas difficile pour nous. Le fait de le faire différemment est difficile. Faire de la musique qui reste fidèle à tout ce que nous avons déjà accompli est le challenge, tout en essayant d’innover. Alors, ces moments dont tu parles sont peut être atypiques pour ceux qui ont une idée préconçue de DILLINGER, mais sont en lien direct avec le passé, et sont des moments spéciaux sur disque.

MI. Nous n’avons plus beaucoup de temps. Une question courte. C’est l’heure de la série Best Of. Meilleur groupe pour Ben?
Ben. Je dois avouer que même si je n’aime pas tout ce qu’ils ont sorti, je respecte tout ce qu’ils ont fait, je parle de RADIOHEAD, car peu de groupes ont une telle liberté artistique, en connaissant un tel succès. Ils ont écrit leur histoire comme s’ils n’en avaient rien à foutre des standards du business, rien à foutre de ceux qui les écoutent, et qu’ils ne se souciaient pas de la manière de refaire un hit. Même si tu n’aimes pas le groupe, c’est remarquable dans la musique moderne, et personne à part peut-être Trent Reznor n’a accompli ça à une échelle aussi large. C’est presque magique, comment est-ce arrivé? Comment avez vous pu rencontrer un tel succès en restant fidèles à votre démarche artistique?

MI. La meilleure chanson?
Ben. Hum. Je ne parlerais pas de chansons. Tu verras ce que je veux dire si tu es un fan de Mike Patton. Il n’y a rien de mieux que de se réveiller un dimanche matin, et de se mettre “Easy” (like Sunday morning). De rester en caleçon et de se gratter les burnes.

MI. Le meilleur album?
Ben. C’est vraiment difficile parce que ça change sans arrêt. Je dirais peut être…

MI. Tu peux citer tes propres albums...
Ben. Je ne peux pas, je ne suis pas si prétentieux…Peut être les deux premiers albums de MAHAVISHNU ORCHESTRA (Rires). Parce que chaque fois que j’y reviens, je me dis qu’ils ne font pas partie de ce monde!

MI. Ok Ben, un dernier mot pour tes fans français?
Ben. Merci de nous soutenir et d’être aussi fidèles depuis tant d’années, quoiqu’il arrive, et d’être aussi ouverts à l’expérimentation, à ce que nous essayons d’achever artistiquement. Merci d’être là, ça compte beaucoup pour nous.



==================== ENGLISH VERSION ====================



Metal-Impact. Hello Ben, I’m happy to see you again. We made an interview three years ago for the last album. So I’m happy to talk about the new album, which is amazing by the way. Congratulations. We’re gonna talk about One Of Us Is The Killer obviously which will be available in Europe in May I think? And also can you tell us more about the process of composition?
Ben Weinman. Thank you. Yeah, we don’t really go with any kind of ideas. We just start. There’s no other way to do it. We just start always been a band that takes whatever tools we have and try to make a cool album. It could be in the back of the bus, I start taping on something and record it on my phone, that starts the process. It could be tinkering on piano like our drummer comes up with a rhythm. I’ll take it, mash it up mess with it start with me sitting on the toilet with a guitar. There is no one way of doing it for us. We’ve always had that attitude since the very beginning. I mean when I started playing in this band I did not even own an amplifier for a year, probably I was in the band without even having my own amplifier. We never cared about the details, how good gear we have or what the circumstances are, we have just said it’s time to get something out creatively and for us analyzing it and talk for us we can’t really be objective specially right after we finished because we are so drained and we had no idea even what it is that we just made. So it’s interesting you ask other people that have heard it for while nobody heard it. So I’m enjoying doing these interviews and hearing what it sounds like to somebody else. But it usually takes a few months, at least a year for me to go back and listen to it and really understand what it is exactly what we made.

MI. The title of this album is very intriguing. Is there a concept behind it?
Ben. It isn’t that there’s a concept going into it, but every record is a concept record because you’re expelling something from yourself. Every record tells a lot about that time in your life. In a way, it is representative of what you’re going through in your life, but not so we did have an intentional concept we’re trying to create. We never really do that. In general, both lyrically and musically, this album has a lot to do with the idea that you get older and you start to realize that when things are not going right in your life, the frustrations of life "you did this to me", it’s more like "I had a part to play in that". I think it is a realization that any difficult relationship, any difficult circumstances, you have to take responsibility for that. A lot of this record has to do with looking internally and to do introspection rather than pinning and yelling about what’s going on out in the world.

MI. Who’s the killer in DILLINGER? Maybe you?
Ben. Maybe me. (laughs)

MI. This album, which sounds fantastic, in some ways, is perhaps, according to my point of view, the most original DILLINGER act ever. You do not realize this at first glance, but through several listening, you just discover strange arrangements, weird overdubs, is it a perfect shortcut for the musical history of the band?
Ben. I think this is the first record that I’ve really had no indication whether it’s good or bad or anything. I don’t know if it’s the record itself or if it is where we are doing it for so long but I’ve just started not thinking about catalogue, chronologically anymore. I don’t think of "this is this one, this one, this one, this…" I feel like it’s just a big body of work now. And maybe it does represent us as a whole but I feel like every aspect is important and it just gets denser, denser and denser. This is how we were back then, now we’re this and I don’t feel like we’re maturing or anything like that, I feel like we’re just continuing. To do what we do. We just go for it.

MI. Did you particularly emphasized on the arrangements on this album? I think about the strange drum pattern on "When I Lost My Bet" for instance or the darkest DILLINGER riff I’ve ever heard on "One Of Us Is The Killer", the final track.
Ben. One thing I think that we did differently on this record was when something sounds comfortable. I mean our rhythms and ideas sound very hard to most people, to begin with. When anything sounded comfortable to me, I intentionally said, I need to make this uncomfortable. I need to change it up. So there are things on it that were already extremely weird to the average person. But then I chopped up and changed, and started on an upbeat instead of a downbeat to make it intentionally odd and weird for myself. And not comfortable, not similar to anything out we’ve ever done so that may not sound like that to somebody else cause its like crazy rhythms but definitely to me. This is really odd and uncomfortable. There are lots of things that really made me feel anxious while making the record and it created a really stressful environment around it. I am just exhaling now it’s over. We’re definitely moving forward wanting to make sure we put ourselves in that scenario where we’re uncomfortable and how important art has to be based off on uncomfortable circumstances. This world right now is very comfortable (laughs). Most people experience music and art just in front of their computer, into their home. It’s a very easy environment. So if we can introduce any element of discomfort, I think it’s good.

MI. Talking about the songs and about influence. I thought some songs seem under influence whereas others are very personal. I think about "Magic That I Held You Prisoner" and "Hero Of The Soviet Union" that sound like leftovers of Irony Is A Dead Scene with the ghost of Patton floating around. Whereas "Paranoia Shields" tends as the epitome of DILLINGER’s art. Can we say that you just found the perfect recipe with your music or is the road still long?
Ben. Man, it’s funny, because a lot of people are saying that this record sounds like something special to them or that elements of like Irony are in here like they even heard this feeling for a while. I don’t know. It’s just another record to me, maybe that’s why it’s special. They really have no expectation from it. It really was just a natural process, that I enjoyed making. And it is what it is. And for the first time, I don’t really think about what the expectation is. I think Greg has a lot to do with the differences in changes because I feel like he’s finally pretty comfortable with himself. Following Mike Patton wasn’t easy for sure, but he also created a scenario where anything is possible, so I think he’s fully taking advantage of that, in this record. Maybe that’s some of what you’re hearing.

MI. We were talking about this famous EP called Irony Is A Dead Scene, my question as a fan: when will we get an Irony Part. 2? Maybe with another singer?
Ben. (laughs) Well, I don’t know. I mean Greg is our singer and that was definitely a transitional phase for us we were lucky enough to have made friends with Patton. He appreciated what we’re doing and the timing worked out but I don’t think Dillinger will work with Patton or any other focused singer again, but me and him have talked for years about making music again together so maybe in some form we will collaborate soon.

MI. You did a cover EP with Plagiarism but isn’t it the same thing to put forward the project with a whole album of covers?
Ben. Ah, not really. I mean that was really just for fun for us. It was like "take a break from just making rhythms”, that can just create an opportunity for us to show our fans that we listen to diverse ranges of music. You don’t have to only listen to Metal if you listen to metal. That was some stuff we were jamming in the practice stage and we finally recorded it and threw it out there. And it gave Greg an opportunity to exercise different vocal styles, and stuff like that. So it was just a fun exercise. A lot of people were weird, questioned why we didn’t vary the songs that much they expected to sound like DILLINGER’s version of these songs. And they kind of sound the same. We were not trying to change a song that’s really good we just kind of had fun with it. I’m sure there will be more covers and things like that but I’m not for taking the time to do it on a record.

MI. A few months ago I just read the songs for this new record were very influenced by old Punk and Hardcore records. You still agree with that, obviously. You wanted to go back to the roots. What kind of Punk and Hardcore are you frequently listening to?
Ben. I think there has been a lot of reunion of bands that came back and started playing again. That has broken up in the past few years. Maybe that’s what your point is: me going back and listening to some of these old records. Coming up to New Jersey right about an hour away from New York City, and two hours away from Philadelphia, three-four hours away from Washington DC, I had access to a lot of Post-Hardcore stuff. Heavily influence by the originators, the BAD BRAINS, BLACK FLAG and all the New York Hardcore stuff a very heavily, a part of my influence coming up. Going into New York into these crazy fucked up areas that I should not have been at that age, being really intimidated by what’s going on, being scared that I had no idea of what was happening at any time. I mean, this was really weird time for music, during the early 90’s. And to be going to New York to CBGB’s and all stuff, they were riots. All time it’s chaos skinheads, but I wasn’t exposed, to in my suburb an hour away. Everything is like picket fences and cheerleaders. It was really interesting area to go there, being pretty uncomfortable when not expected and bring that influence back into my safe environment where I had a room, a basement, a garage to jam like make music really, and that’s the big part of how THE DILLINGER ESCAPE PLAN was created. Some of the bands, anything from CRO-MAGS, BAD BRAINS, SICK OF IT ALL until like I was even into a kind of thing going on in the Hare Krishna hardcore going on this band 108 SHELTER…Where they were like singing about Eastern religions but screaming about Eastern Religions, all these other influences coming into typical Hardcore. Refused had just come back…I saw some of their very first shows in front of like ten people. When they broke up, maybe they had 70 people at the last show they played in America in front of maybe like maybe fifty-sixty people, and I’ve always enjoyed that band. Even some of the old Metal bands that I was listening to ENTOMBED, early SEPULTURA were very influenced by Hardcore and Punk too. Even that stuff seeps in.

MI. How do you see the Hardcore scene in 2013? Do you think it still exists or do you think it is definitely a scene of the past?
Ben. The influence is there but to me it’s more about the culture than the music. To me, everything that Hardcore stands for is by taking influence in and being able to just create the music yourself, put on a show yourself, release your music yourself, so that respect is even amplified because the use of the internet that makes it even more possible. But the subculture that was created in different areas that were always influences by the economics, the sociology of it, the geography of where you were, what you had access to like you had some tribes like African tribes that were unaffected by the surrounding. Certain things happen; cultural things happen that just put an influence by the outside world. And before YouTube, and MySpace, and Facebook and all that stuff, that kind of phenomena happened to some degree in music and it doesn’t happen anymore so that kind of side of it is gone now: traveling and make the effort to go somewhere to see something and not knowing exactly what you’re gonna get. There’s something special about that, being in an area that is not safe and predictable. I think influence is amazing art and innovation. That’s what I worry about, that everyone see everything for the same time, at the same time, in the same way, from a safe place. I think that hurts the situation. I don’t think there’s much hardcore going on about Hardcore (laughs).

MI. What are the main differences according to you between One Of Us Is The Killer and Option Paralysis, that came back three years ago? Is it a new step, an improvement? What look do you have upon Option Paralysis more than three years that it came out?
Ben. I still love that record, it is one of my favorite records. I felt like it was an evolution record, it was the first time I think that we really combined everything that we’re about. Into a fluid record. We’re always experimenting, trying anything, trying not to be pigeon holed… For the first I think that record represented DILLINGER blending all the sounds in a way that songwriting and I think we just continued on in that same fashion with this one. We never tried to beat the record before, we were never like "we gotta beat the ones before", that never was what it was about, it’s more about just contributing to the body of work.

MI. What was the fans’ reaction after the launching of "Prancer" on the internet? Do you think it was the best way to announce this album? Do you think that internet is the only way in 2013 to promote an album?
Ben. Ah, I guess if we had someone dressed up like a reindeer flying around, playing the music on a zumba…
It’s really hard to pick one song to play to your fans and to kids out there because there is no one song that really represents the DILLINGER’s sound, let alone a DILLINGER’s record even. You have heard the record you know what I’m talking about, there is no one song that really represents it. That’s what we’ve always tried to do be a band that writes records, and not just singles. We’re not a band who writes singles. Every song on the record represents an important part of the whole. So it’s difficult saying what song you’re gonna put out there. We just picked the first song and whatever.

MI. This time, another line-up change. Jeff left the band and James Love,a former live member came back. Do you see yourself being the only keeper of the flame, or Greg, Liam and yourself as the real core of DILLINGER?
Ben. It is odd cause Liam and Greg have been in the band for a really long time. For sure it is weird because I’m the only one left in the band that wasn’t a fan of the band at one point, like I really started the band with no expectation. I didn’t expect anyone to like it. We never thought we could do a great career, there was nobody expecting anything from our songs. We started write this music and then we get to the point where some people are putting names on you, what your sound is, telling what you should sound, like telling you "this songs doesn’t represent what you’re supposed to sound like". So very early on we tried to create a scenario where people were to expect the kind of unexpected from us. That’s one of the things we picked up from Mike Patton, he always taught us never let anyone confine or define you, in anyway cause that would be a death sentence creatively. So we tried really hard to be that for long time and other members had some piece of doing in keeping the flame alive like just reinvigorating us and saying "whoa, you’re still excited to be in this band". It reminds us that we’re pretty lucky to be doing this because when I started I didn’t think anyone would like it. It’s just really for ourselves. I guess my job, my responsibility as the original member who was there before is to remember that we keep people in check, we’re here to write music that is honest and is true and that we really feel and we can’t worry about what we think somebody wants to hear because the true DILLINGER never had an expectation. So we need to make sure we continue writing the music like that.

MI. There is a particular relationship between France and THE DILLINGER ESCAPE PLAN. Can you feel it when you’re playing live in our country
Ben. Absolutely. I think France is the first country in Europe that really embraced us. It is a lot for how open minded the country is, forward thinking country is artistically and, also I think French people are just as hard on us as we are on ourselves (laughs). They expect a lot, they’re very critical. And we’re very critical ourselves so…

MI. In 2009, you created your own record label. Can you tell us about this will you have your own structure and the way this label took shape. Are you satisfied of the way things turned out?
Ben. We were on Relapse Records for many years, which is an amazing label. There is not many labels left like that, that have a vibe and a culture to them. We were glad to be a part of that. But in the end of the day, they were still much a pretty traditional record label. When we finished our contract, our obligation with them, we wanted to make sure that moving forward we had the freedom, to try wherever we wanted. I think ultimately, the smartest thing anyone can say when it comes to the music business is that we have no idea. There’s no right way or wrong way to this point. There’s just "try this, try that", so for us there is just the Dillenger way no right or wrong just how we feel like doing it. The Party Smasher imprint is the first step in trying to make sure that regardless of what direction we go, there’s some kind of umbrella over it that ties it all together. We’re really happy, we haven’t tied ourselves in any long lasting contracts that wouldn’t enable us to evolve and change. And after all it’s the only thing we have wanted to do.

MI. About Sumerian Records, are you happy about the distribution of this album?
Ben. We’ve really had relationships with different people in different regions. Sumerian is North America, Australia has Remote Control, who have ADELE and RADIOHEAD. In Japan it is a Grind Core label. We really just tried to team-up with people who were good at what they do, so we can do what we do.

MI. Can you tell us more about the plans about the tour to support One Os Us Is The Killer and when will you play in Paris?
Ben. In general, we have like almost 200 dates already booked that we’re looking at so that is pretty scary. It’s pretty daunting to look at that schedule. I think the United States is so big, starting in the States, doing B-markets, so not even main cities for like two months then we are coming to Europe to do a few festivals, we’re going back doing main cities in US. Then we’re gonna come here and do a full European tour, probably in the Fall around October 2013.

MI. A personal question: who is Ben Weinman in 2013? Is he a kid who had fulfilled his dream or has he still goals to achieve (I hope so)? If you had to choose a DILLINGER’s song to define yourself and your career, what could it be?
Ben. Oh damn, that’s a good one. Very hard question. I think the one thing I’ve realized is that no one decision makes or breaks you or defines you. It’s just constant forward motion. That’s all that matters. It’s like the past is really irrelevant to me at this point. It’s all about moving forward. I think as I get older I’ve realized that you have to keep grounded, just to make sure you don’t believe the hype because no matter what you’re gonna have critics that like what you do, don’t like what you do. None of that defines me. And that is kind of a new thing for me (laughs). So in 2013 I am only what I do next. That’s all that really matters to me now. And a song that defines me? That’s truly difficult… I think right now "One Of Us Is The Killer", the title track, is really the big part of who I am. That song represents the idea that I’m moving forward. Commitment is important but not overthinking everything. That’s something new for me. That song was written very quickly and very naturally and I’m fond of it and I’m fine with that (laughs).

MI. Are you, in a way, a musical symbol of life or your own conception of life?
Ben. This record is definitely very dynamic and one of the main reasons we have these ups and downs, and calms before the storm. Because that is the reality of life if everyone is always screaming and choking you and grabbing your neck at all times on your record that is not real, nobody really feels like that all the time… . I think these melodic moments like One Of Us Is The Killer are the most important part with for the DILLINGER’s catalogue.

MI. We were talking about you and I’d like to know if sometimes you just look back to your past and back to 1999. It was the year that Calculating Infinity came out. It remains your most ferocious album ever and the favorite of many fans (like me). Are you still satisfied with this album or do you consider it the primal scream before the growing up?
Ben. There’s the first song we’ve actually ever put out to the world which was on the self-titled EP. A lot of people heard and it was just an instrumental latin jam. That was like no even distortion. The second song on that record remains lyrics just repeated over and over again "we’re not trying to impress you, we’re not trying to impress you, we’re not trying to impress you" and I think that really said a lot on what we were about to do, the attitude and ethic that we’re moving forward with, and Calculating Infinity is just the next logical step for us and we tried to push ourselves, and create something that was challenging to people and difficult to take in and make somebody work. We want people who have to work a little bit for their art. It was a really important record, I’m really proud of it. But a lot of the things that people consider innovations, sometimes that feels like us just not being as good as what we do yet (laughs). Hey this sounds so off and crazy yeah because I had no idea how to make something transition naturally, that’s off-time and ridiculous. I’m really happy and proud of it, but moving forward we are just trying to get better at writing songs. That’s all that matters.

MI. I think it’s the greatest improvement in your general attitude because you almost got a Pop approach into your compositions. The songs are expressionful but I think the way DILLINGER tries to express itself finds its epitome in ambient songs like "Parasitic Twins" or maybe "One Of Us Is The Killer". Is this one of your favorite approach of music? Maybe more than the two minutes long burners like “Sugar Coated Sour …
Ben. Just making crazy off-time music is not that hard for us anymore. The challenge in ourself to do differently is difficult. Making music that stands true to the sound that we’ve developed throughout the years while always trying new things is what the challenge is. So I think those moments are definitely some that someone may not have expected from the DILLINGER, always an elaboration of something to touch down on the past; those are the special moments of this record.

MI. It seems that we’ve run out of time. So just a short question. The time for the best-of questions series, so what is the best band ever according to Ben?
Ben. I have to say I don’t like every single thing that this band has released but I respect every single thing that this band has released, that’s RADIOHEAD because very few bands get that much artistic freedom and are still that massively large. And it completely written their own path like don’t care about rules, don’t care about having the industry standards, don’t care about the people who want to hear, never try to recreate a hit. I mean that in itself even if you do not like the band, it’s just like there’s nobody in modern music except for maybe Trent Reznor who has even come close to be able do that and be that massively huge. That’s like magic, how did you do that? How did you completely stand true to your artistic vision and still be such a massive force?

MI. The best song ever?
Ben. Hmmm. You know I wouldn’t talk about songs. You probably know since you are a Mike Patton fan. There is nothing better than waking up on Sunday morning, putting up “Easy”…like Sunday morning on. Sitting in your underwear and scratching your balls.

MI. The best album ever?
Ben. That’s really hard to choose some because it changes. I would say maybe...

MI. You can name your own albums...
Ben. I can’t do that, not that conceited…I would say maybe the first two Mahavishnu Orchestra records (laughs). Because I can always go back to and they’re always out of this world to me, unbelievably out of this world to me.

MI. Ok Ben, have you a final word for your French fans?
Ben. Thank you for always, always supporting us and always being loyal throughout the years, no matter what, and always being open to any experimentation we’re trying to do artistically. Thank you for always being here, it means a lot for us.


Ajouté :  Samedi 06 Juillet 2013
Intervieweur :  Mortne2001
Lien en relation:  The Dillinger Escape Plan Website
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