BATTLE OF BRITAIN MEMORIAL (FRA) - The Aftermath Of Your Bright Beings (2011)
Label : Auto-Production
Sortie du Scud : 6 mai 2011
Pays : France
Genre : Post-Hardcore
Type : Démo Album
Playtime : 6 Titres - 36 Mins
Ô Toulouse. Claude Nougaro se retournerait dans sa tombe s’il était encore là pour écouter le Post-Rock bruyant de BATTLE OF BRITAIN MEMORIAL. Elle est loin, la musicalité de cet épicurien qui nous narrait jadis ses envolées romantiques sous le balcon de Marie-Christine. Car qu’on se le dise, ce groupe toulousain a de la ressource. Leur truc à eux, ce sont les trajectoires imprécises, les courbes spontanées d’un feu follet, les scintillements lumineux et imprévisibles d’un feu d’artifice qui mélange différentes textures, du Screamo au Post-Rock, du Post-Hardcore au Doom en passant par le Stoner, le tout emballé dans un papier-bulle qui protège la moelle épinière d’un Metal expérimental. Ce premier album, enregistré en 2010 est livré dans un digipack à l’esthétisme remarquable. La cover et son intérieur grouillent d’images, de détails qui intriguent l’œil, sans qu’on puisse toutefois en déchiffrer un seul. Un écrin qui sans le vouloir, en dit long sur le long travail de préparation qui a précédé une sortie pomponnée comme une candidate au concours Miss Prestige National.
Mais alors, cet Aftermath Of Your Bright Beings, que nous raconte-t-il ? Une belle histoire, assurément. « La décadence de l’être humain à travers les yeux d’un témoin », ça c’est le concept. Décadence, chute, destruction, autant de mots qu’on retrouve dans le jargon des groupes de Metal purs et durs. Plus conceptuel encore qu’un Death brutal ou qu’un Black des familles, le Post-Hardcore de BATTLE OF BRITAIN MEMORIAL s’écoute comme une B.O de film. C’est-à-dire qu’on y est immergé de la tête aux pieds et que tout est mis en œuvre pour que la captivité dure le plus longtemps possible. « Welcome To Rapture » démarre tranquillement, dans la quiétude d’un bon morceau de Steven Wilson. L’arrivée tumultueuse de guitares assourdissantes vient rompre la curiosité ambiante. Ce disque sera un voyage ou ne sera pas. Les Toulousains, dans leur introspection divine, rendent hommage à MOGWAÏ, pour le côté instrumental ou parfois à GOD IS AN ASTRONAUT pour le Rock expérimental. En substance, cette musique est beaucoup plus burnée, puisque les cordes saturées évoquent régulièrement la lourdeur frénétique d’un NEUROSIS, comme sur « Metaphysics Of The Lighthouse ». Depuis quelques lignes, vous constatez donc que j’énumère leurs influences. Mais soyez rassurés, les français font bien plus qu’un milk-shake visqueux ou qu’une soupe à la grimace. Entre un ascenseur émotionnel comme « Those Who Hide Their Plight » et la psyché nerveuse de « Midnight Blue », cet album, bien que difficilement abordable, apparaît comme tout à fait cohérent dans ses propos. Le seul obstacle à la décence générale réside dans les vocaux Screamo de Ludo, dont les aigus pourront en exciter plus d’un. Même si le choix est contestable et rajoute un courant musical supplémentaire dans un patchwork déjà très polylithique, je trouve qu’il fait aussi le charme d’une œuvre qui prend souvent le contrepied de l’auditeur.
On aura assez peu de temps finalement pour s’attarder sur le concept de décadence, puisque totalement happés par ces mélodies ténébreuses et singulières. Il manque encore un brin de travail pour atteindre un degré de virtuosité qui les ferait passer dans la catégorie supérieure. Mais le boulot est bien fait, offre sa décharge d’émotions et reste suffisamment varié et construit pour nous tenir en haleine une bonne demi-heure. Il ne m’en fallait pas davantage.
Ajouté : Lundi 16 Janvier 2012 Chroniqueur : Stef. Score : Lien en relation: Battle Of Britain Memorial Website Hits: 13374
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